Régulation / Concurrence / Régulation / Banque-assurance
Régulation / Concurrence
Régulation / Banque-assurance
Le Comité de Bâle consulte sur les fintechs
Le Comité de Bâle, qui fait du surplace depuis plusieurs mois sur l’évolution de la réglementation bancaire de Bâle III, se lance cette fois-ci sur le sujet des fintechs. Ces sociétés financières qui bénéficient d’un flou réglementaire dans beaucoup de pays, et notamment en France, deviennent incontournables dans le paysage bancaire. C’est pourquoi le régulateur bancaire international a lancé une consultation de place hier, concernant l’implication de la présence des fintechs sur le secteur financier. Et ce, tant dans le développement des banques que dans le rôle des superviseurs. Selon le Comité, l’impact de ces nouveaux entrants sur le secteur bancaire reste flou mais certains estiment que l’impact négatif sur les revenus pourrait être de 10 à 40% et de 20 à 60% sur la seule activité de banque de détail dans les dix prochaines années.
Plusieurs scénarios sont envisagés dans cette consultation de place, afin de mesurer les impacts sur les différentes activités du secteur. Ainsi, trois applications technologiques sont étudiées : le big data, blockchain et le cloud dans trois activités de fintechs : services de paiement, plateforme de prêts et néo-banques. L’un des thèmes communs qui ressort de ces scénarios est que les banques ont du mal à maintenir leurs modèles opérationnels, à donner le change face à l’émergence technologique et aux besoins des clients. Les experts estiment ainsi que la véritable guerre concurrentielle, dans les prochaines années, se déroulera sur le terrain de la relation client, sujet sur lequel les fintechs sont très performantes puisqu’elles se construisent à partir du besoin client. Mais le Comité de Bâle l’admet, les fintechs ne sont que la dernière vague d’innovation que les banques doivent surmonter, tout en soulignant que cette vague est particulièrement disruptive pour les modèles traditionnels.
C’est pourquoi le régulateur émet dix recommandations sur les potentiels impacts bancaires et réglementaires. Ce sont ces suggestions qui font l’objet de la consultation ouverte jusqu’au 31 octobre prochain. D’un point de vue général, il faudra que le secteur financier s’assure de la sécurité, de la solidité et de la conformité des standards technologiques sans entraver les bénéfices de l’innovation. Par ailleurs, les banques doivent être conscientes que les risques face au développement des fintechs ont un impact sur leur stratégie et leur profitabilité mais qu’il existe aussi des risques opérationnels, de cybersécurité et de conformité. De même les banques doivent-elles trouver une place dans l’utilisation de l’innovation technologique et aussi dans l’utilisation par les parties tierces via l'outsourcing et les partenariats.
Concernant la régulation, le Comité recommande que les superviseurs coopèrent non seulement entre eux mais aussi avec les autorités concernées par les innovations des fintechs. Il recommande également que les régulateurs adaptent leurs compétences à ces nouvelles technologies et pourquoi pas permettre à ces mêmes organismes d’utiliser eux-mêmes ces technologies. Enfin, un point devra être fait sur l’adaptation des règles existantes avec les nouveautés offertes par les fintechs. Le Comité de Bâle attend donc que les acteurs concernés de près ou de loin par ces recommandations donnent leurs avis dans le document consultatif.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

