Top 10 des Prix Nobel qui ont marqué l'économie
1/ Eugene Fama / Robert Shiller / Lars Peter Hansen (2013) : le prix des actifs
Ces trois économistes jouent un rôle clé dans l’évaluation des actifs telle qu’une action, une obligation, ou un bien immobilier par exemple, sur une période de 3 à 5 ans. Leurs travaux ont permis de mettre à jour une technique pour en évaluer le prix. Le premier a montré l’impossibilité de prévoir à court terme, le second le rejoint dans cette analyse en estimant qu’à long terme, en revanche, la prévision devenait fiable et le troisième a élaboré une méthode d’évaluation des actifs en se basant sur des éléments statistiques. Des règles largement appliquées par les investisseurs.
2/ Sir John Hicks et Kenneth Arrow (1972) : l’économie du bien-être
Le premier a démontré le lien entre les taux d’intérêt et le revenu et entre l’investissement et l’épargne, à travers la courbe IS/LM. Le second a montré que l’intérêt général ne pouvait pas être obtenu sur la base de choix individuels, que les décisions devaient être imposées. A eux deux, Hicks et Arrow ont formalisé la définition du bien-être social et les facteurs qu’une politique économique peut privilégier, selon l’objectif de bien-être recherché, pour les agents économiques d’un même ensemble.
3/ Milton Friedman (1976) : la théorie monétaire
Il serait utile de relire les recherches de Milton Friedman. Père du courant de pensée des monétaristes, il a initié la théorie quantitative de la monnaie : quand l’accroissement de la quantité de monnaie va plus vite que l’augmentation de la production dans l'économie, les prix augmentent de manière proportionnelle. Cette approche a permis d’expliquer dans les années 70 pourquoi il y avait une forte inflation alors qu’il y avait une faible croissance. Encore aujourd’hui, où l’inflation fait défaut, son approche est éclairante.
4/ Gary Becker (1992) : la microéconomie et la sociologie économique
Mettre l’homme au centre de l’économie. La contribution de Gary Becker a permis à l’économie de prendre en compte les comportements humains en se fondant notamment sur le principe que les individus prennent des décisions rationnelles. Par ses travaux, l’économiste américain a fait entrer des raisonnements sociologiques, psychologiques et juridiques dans l’économie.
5/ Reinhard Selten / John Forbes Nash / John Harsanyi (1994) : la théorie des jeux
Ces économistes ouvrent la voie à un nouveau champ de raisonnement économique visant à anticiper les comportements des individus. Des choix là-encore estimés comme rationnels. A partir de lois de probabilités, ils ont donné un cadre pour étudier l’influence d’un comportement d’un individu sur le comportement des autres agents économiques. De la sorte, chaque agent décide d’une meilleure stratégie en fonction des choix des autres, qu’il connaît ou non. Une démarche éclairante pour modéliser par exemple les négociations entre individus.
6/ Franco Modigliani (1985) : le cycle de vie d’un agent économique et l’indépendance du passif sur la valorisation d’une entreprise cotée
L’italien Franco Modigliani a mis en lumière que les personnes procèdent à des arbitrages tout au long de leur vie entre consommation et épargne, selon leurs revenus mais aussi en fonction de leur âge. Pour résumer, quand on a 15 ans, on consomme plus qu’on ne gagne d’argent et quand on a 50 ans, on consomme moins que ce qu’on gagne et ce qui permet d’épargner. Ce n’est pas sa seule contribution: il a également mis en lumière que la valeur d’une entreprise en Bourse reposait sur les perspectives de profits, et non sur l’état de son passif à son bilan. Bref, que les marchés valorisent le futur et non le présent, voire le passé.
7/ Wassily Leontief (1973) : le tableau input-output
Wassily Leontief, russe naturalisé américain, a conceptualisé les liens entre les facteurs de production que sont les matières premières, le travail ou le capital, les produits intermédiaires échangés par les entreprises et les produits finis. Ces liens engendrent des besoins d’investissements pour que chacune des entreprises puissent répondre à la demande de ses clients. Pour mesurer ces besoins, Leontief a élaboré un tableau input-output. Ce tableau permet d’établir les besoins d’une économie, ce qui entre et ce qui en sort de chez chacun des acteurs économiques. Il a été intégré à la comptabilité nationale.
8/ Robert Merton / Myron Scholes (1997) : la valorisation des options
Qui dans les salles de marchés et le monde des placements ne connaît pas le modèle Black-Scholes-Merton ? Les économistes ont imaginé une formule mathématique qui met en rapport le prix implicite d’une option d’achat ou de vente sur un actif et les variations de prix de cet actif, appelé sous-jacent. Ils ont ainsi permis l’émergence et le développement, encore aujourd’hui, des produits dits dérivés. L’histoire retiendra aussi que quelques mois après la remise du Nobel, le fonds géré par Merton et Scholes a fait faillite…
9/ Trygve Haavelmo (1989) : l’économétrie
La contribution de l’économiste norvégien Trygve Haavelmo ne tient pas en un seul théorème. Ce dernier pose la règle que la dépense publique a un effet multiplicateur sur la richesse nationale. Il a aussi donné naissance à une nouvelle matière en science économique : l’économétrie. Elle apporte un éclairage sur l’économie à partir de probabilités mais en s’assurant de l’indépendance des unités de mesures dans le temps. Elle permet également de tenir compte, de la façon la plus exhaustive possible, de toutes les variables qui interviennent dans un fait économique.
10/ Amartya Sen (1998) : l’indice du développement humain
Dans la lignée des travaux de Kenneth Arrow autour de l’économie du bien-être, l’économiste indien Amartya Sen a élaboré un indice du développement humain qui compare les pays en matière de santé, d’éducation et de ressources monétaires. Il est convaincu que les inégalités entre les individus ne portent pas seulement sur leurs dotations de ressources initiales mais aussi leurs capacités à transformer ces inégalités en liberté réelle, en action de développement. Ainsi, un pays peut être moins riche qu’un autre mais avoir une meilleure espérance de vie, par exemple.
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