La France en récession en 2012 et 2013 !
EXCLUSIF.
Selon l'ancienne économiste en chef de SG CIB, le PIB français sera en territoire négatif cette année, mais aussi l'année prochaine. L'objectif de 3% de déficit en 2013 serait donc intenable.
Les prévisions de croissance 2012 du gouvernement, revues à la baisse en juillet dernier (0,4% à 0,3% du PIB), seraient encore trop optimistes. C'est du moins l'avis de Véronique Riches-Flores, ancienne directrice de la recherche chez Société Générale CIB. L'économiste, qui s'est depuis peu mise à son compte, est également plus alarmiste que la banque où elle a exercé pendant plus de 16 ans : alors qu'en juin dernier, les analystes de Société Générale anticipaient une croissance de 0,4% pour 2012 et 1% en 2013, Véronique Riches-Flores s'attend elle à un recul de 0,1% du PIB en 2012 et pire encore, de 0,7% pour l'année suivante ! La Société Générale devrait cependant réviser ses propres prévisions d'ici deux semaines, mais ne sera sans doute pas aussi extrême que son ancienne économiste.
Principal facteur justifiant ce recul plus fort que prévu : le recul de la consommation. Les dépenses des ménages ont alimenté près de 60% de la croissance économique de la France entre 1995 et 1997, contribuant en moyenne à une hausse de 1,5% du PIB chaque année. C'est cette ressource qui a principalement permis de dynamiser l'activité et l'emploi des services et de la construction. "La situation des entreprises souffre aujourd'hui de plus en plus nettement de son moteur domestique", explique l'économiste. Et les exportations ne permettront pas de combler le ralentissement de la demande intérieure puisque les principaux partenaires commerciaux de la France, à savoir les Etats européens, sont également touchés par la récession.
L'écart entre la prévision de croissance 2013 du gouvernement et celle de l'économiste (+1,2% contre -0,7% !) auront un impact considérable sur l'évolution des finances publiques. Si la Cour des Comptes estimait que la France a besoin de 33 milliards d'euros d'économies pour atteindre son objectif de 3% l'an prochain, Riches Flores estime quant à elle que 44 milliards seront nécessaires, soit 2,1% du PIB. Ce qui sera impossible, à moins d'étouffer complètement l'économie française par des mesures de rigueur trop violentes et surtout trop rapides. "Prendre les dispositions nécessaires pour tenir l'engagement de la France serait éminemment destructeur pour l'économie française et ne rapporterait que de maigres fruits en termes de finances publiques", poursuit l'économiste. La présentation du budget 2013 devrait permettre de connaître la position que le gouvernement aura choisie d'adopter. Soit il s'engage à durcir sa politique budgétaire afin de ramener à tout prix le déficit à 3% du PIB d'ici 2013, soit il repousse son objectif budgétaire, au risque d'alarmer les marchés.
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