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La Cour des comptes européenne épingle la gestion de la crise par l’UE

Dans un rapport, l’institution estime que la Commission européenne n’a pas su interpréter les signes avant-coureurs. En outre, les pays demandeurs d’aide n’ont pas été traités de manière égale.
Budget européen - illustration
Budget européen - illustration

Bien que les effets de la crise se fassent toujours sentir, il est temps pour les institutions de prendre un peu de recul sur ce grand chambardement. « Il est impératif que nous tirions les enseignements des erreurs commises », a ainsi déclaré Baudilio Tomé Muguruza, membre de la Cour des comptes européenne et responsable du rapport publié aujourd’hui sur le sujet. Long de près de 120 pages, ce document met en exergue les manquements dans la gestion de la crise financière par l’UE. Et les critiques ne manquent pas, même si le document reconnait que les renflouements ont atteint leurs objectifs de réduction des déficits et d'accélération des réformes structurelles.

« La Commission européenne n’était pas préparée aux premières demandes d’assistance financière au moment de l’éclatement de la crise de 2008 parce que les signes avant-coureurs étaient passés inaperçu », écrit la Cour des comptes. Cette dernière a analysé la gestion de la crise par l’exécutif pour cinq des Etats qui avaient demandé du renfort, à savoir : la Hongrie, la Roumanie, l’Irlande, la Lettonie et le Portugal. La gestion de la crise grecque et celle de Chypre feront l’objet de rapports séparés. La demande espagnole n’a, elle, pas été analysée puisque le renflouement du pays n’a pas nécessité d’argent de l’UE.

Autre critique formulée à l’égard de Bruxelles : les dossiers n’ont pas été traités sur un même pied d’égalité. « Dans certains programmes, les conditions pour l’assistance ont été moins strictes, ce qui a rendu la mise en conformité plus facile », indique le rapport. Par exemple, la Hongrie s’est vu imposer 60 conditions spécifiques, contre 400 pour le Portugal, selon le rapport, qui ajoute que ces exigences « ciblaient des réformes très différentes bien que les pays étaient dans des situations similaires ». Autre exemple : pour le Portugal et l’Irlande les objectifs de déficits nationaux ont été calculés sans prendre en compte l’argent public utilisé pour soutenir le secteur financier, contrairement à ce qui a été fait pour la Lettonie.

Bruxelles n’a pas laissé ce document sans réponse. L’exécutif estime que la plupart des lacunes ont été comblées et que « certains de ces pays ont maintenant les plus forts taux de croissance en Europe », a expliqué une porte-parole de la Commission, Annika Breidthardt. En outre, « nous pensions que le contenu des programmes ne devrait pas être standardisé », a-t-elle précisé. « La flexibilité est souhaitable étant donné la variété » des cas.

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