L'opportunité de la loi SEPA
EXCLUSIF.
Ce texte, qui vise à créer une zone unifiée de paiement en euros, n'est pas qu'une épine dans le pied des entreprises, selon bfinance. Les sociétés françaises ont même beaucoup à y gagner.
A un an de l'entrée en vigueur de la loi SEPA (1er février 2014), les entreprises sont encore loin d'être toutes en ordre de marche. Cette législation -dont l'objectif est de créer une zone unifiée de paiement en euros- a jusqu'ici été connue pour les coûts de sa mise en place. D'où l'étude publiée aujourd'hui par bfinance, qui considère qu'"il y a vraiment des opportunités à saisir", selon l'expérience de Nathalie Bouvret, responsable du département solutions de trésorerie.
Alors que la BCE chiffre à 123 milliards d'euros sur six ans les économies que les sociétés devraient cumuler grâce aux nouvelles règles, 54% des (grandes) sociétés françaises interrogées considèrent que le retour sur investissement est négatif ou inexistant à ce jour. En fonction de leur taille et de la typologie de leurs moyens de paiement, les firmes s'attendent à débourser entre 100 000 et 10 millions d'euros. Soit, pour plus de la moitié d'entre elles, l'équivalent de deux années ou plus du budget alloué à la trésorerie.
En réalité, pour un industriel qui dégage un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros et n'utilise ni prélèvement, ni carte mais des virements, chèques etc, le coût annuel des flux s'établit actuellement à 3 millions d'euros, selon bfinance. Le passage au SEPA lui coûterait 500 000 euros et ferait baisser le traitement annuel des flux à 1 million d'euros, soit une économie annuelle de 2 millions d'euros. Pour une entreprise dans les utilities, qui use majoritairement des prélèvements et des paiements par titres interbancaires interposés (TIP), le coût de traitement passerait de 9 à 1 million d'euros. La migration vers le SEPA est, elle, évaluée à 5 millions d'euros...
Comment cela est-il possible ? Notamment via l'optimisation des coûts du cash management, "première source de revenu des banques (et qui) est encore 'pricé' de manière très différente en Europe". En France, les frais bancaires ont représenté 0,055% du chiffre d'affaires des entreprises en 2011 (presque 0,08% en 2005), contre 0,005% en Allemagne (presque 0,01% en 2005). La situation hexagonale s'explique, en partie, par les commissions de mouvements de comptes, une particuarité qui serait gommée avec SEPA et l'ouverture à la concurrence. Les corporates peuvent également renégocier les montants. Autre avancée : la France a aligné ses niveaux d'interchange avec ceux de l'Allemagne, c'est-à-dire en les établissant à 0, contre 27 cents en 2008. A l'inverse, le cabinet note que la carte bleue, moyen de paiement non touché par SEPA, ne voit pas ses frais évoluer.
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