Euronext voudrait fédérer de nouvelles Bourses européennes
EXCLUSIF.
L'opérateur boursier voudrait rallier à son panache les places de Madrid, Milan, Zurich, Istanbul et Casablanca. Histoire d'être le champion incontesté de la zone.
En attendant de savoir si la place de Paris, et plus particulièrement ses financiers, vont accepter de constituer un noyau dur dans le cadre de l'IPO d'Euronext, prévue normalement sur la première moitié de 2014, les promoteurs de l'opération réfléchissent déjà aux futurs développements de cette entité. Face aux nombreux défis que devront relever les principaux protagonistes mondiaux du secteur, il est clair que le paysage est loin d'être figé. Les discussions entre opérateurs boursiers vont donc bon train actuellement, ne serait-ce que pour rationnaliser les métiers développés par certains (dérivés, cash, clearing, règlement-livraison), mais aussi mieux utiliser leurs complémentarités géographiques.
Selon les informations recueillies par WanSquare, Euronext songerait ainsi à fédérer autour de lui de nouveaux satellites européens et ce, de manière à rendre incontournable son rôle dans le domaine du cash equity, laissant à Deutsche Börse sa suprématie sur les dérivés, le LSE restant à part, hors de la zone euro. Parmi les nouvelles recrues qu'il compte rallier à son panache : la Bourse de Madrid, jusqu'à présent restée indépendante pour des raisons historiques. Cette place est très active et a construit son développement sur un modèle informatique qu'elle doit faire évoluer. Compte tenu des grands équilibres actuellement en phase de constitution, la Bourse madrilène ne peut se permettre de rester isolée. C'est là où Euronext à l'intention de faire entendre sa voix.
De même, la future place européenne cotée a-t-elle les yeux de Chimène pour la Bourse italienne. Celle-ci est actuellement sous la férule du L SE. Mais comme tout se renégocie un jour ou l'autre et que la place londonienne pourrait trouver quelque monnaie d'échange, comme certains contrats sur matières premières, il n'est pas impossible que les frontières bougent. Et ce, d'autant plus que la City a récemment laisser filer en Chine le LME, ce juteux marché des métaux non ferreux créé en 1877.
Autres places regardées de très près par Euronext : la Bourse de Zurich, elle aussi indépendante, mais aussi celles d'Istanbul et de Casablanca.
L'idée est donc de créer un vaste réseau de places financières européennes élargies. Les dirigeants verront dans un deuxième temps s'il est opportun de construire une structure en silo, comme l'a fait Deutsche Börse, de manière à intégrer tous les différents métiers de la chaîne de la transaction au règlement-livraison en passant par la compensation. Certains responsables, membres des différents groupes de travail constitués pour réfléchir à l'avenir de la Place de Paris, militent sérieusement pour doter le futur champion européen de tels dispositifs. Un choix stratégique fort qui implique un total revirement par rapport à ceux retenus à ce jour. A ce titre, Il devra emporter l'adhésion de tous et surtout bénéficier de moyens importants. Tout dépendra, bien évidemment, des futurs actionnaires d'Euronext.
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