Les CFO industriels plus pessimistes que les banquiers
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Deux tiers des directeurs financiers sont négatifs sur les perspectives de l'économie française, selon le baromètre Deloitte. Une tendance qui les oblige à élargir leurs domaines d'intervention.
Alors que les priorités des directeurs financiers changent à coup de nouvelles réglementations, leurs perceptions de l'environnement macroéconomique demeurent, quant à elles, toujours aussi sombres. Telles sont les principales conclusions de la deuxième édition du baromètre d'opinions des CFO conduite par Deloitte.
L'heure n'est toujours pas à l'euphorie. Ce sont ainsi 69% des répondants qui se déclarent pessimistes sur les perspectives de l'économie française à l'horizon 6 mois, contre 56% en septembre dernier, date du premier volet. L'industrie (90%) et la banque-assurance (70%) concentrent le plus d'avis négatifs.
Toutefois, le niveau général d'incertitude économique et financière des entreprises recule, passant de 45% à 29% sur la même période. Seule source d'optimisme pour le CFO : la croissance des pays émergents, pour 40% des sondés.
Dans ce climat macroéconomique difficile, les entreprises misent -avant tout- sur des actions endogènes. Réduction des coûts (68%) et croissance organique (53%) sont ainsi les deux priorités pour les entreprises, selon les interrogés. Et les dépenses de R&D et d'innovation constituent la première option des directeurs financiers pour utiliser les ressources disponibles.
Des entreprises qui se doivent aussi de mieux gérer leurs trésoreries, d'accroître les liquidités disponibles, et ainsi mettre en place une véritable "culture du cash" au sein de leurs organisations. Sur ce point, et dans la continuité du premier baromètre réalisé par le cabinet de conseil, l'optimisation du BFR (71%) et la diversification des sources de financement (43%) constituent toujours les deux moyens d'action privilégiés.
L'évolution réglementaire modifie aussi le rôle des CFO, qui se doivent à présent d'identifier les risques extra financiers. La nouvelle législation Grenelle II, qui oblige les entreprises à communiquer leurs pratiques en matière de RSE d'ici l'an prochain, en est l'illustration. "Les directeurs financiers s'approprient de plus en plus le sujet RSE, initialement au travers de l'obligation de reporting", explique Eric Dugelay, associé responsable de l'offre RSE chez Deloitte.
De cette manière, et même si elle est pour le moment la dernière des priorités des directeurs financiers (27%), la mise en place d'un "reporting intégré" -permettant, entre autres, un meilleur pilotage de la performance- pourrait rapidement gagner de l'importance dans leur agenda.
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