Les investisseurs nient les atouts du CAC40
EXCLUSIF.
Alors que la plupart des indicateurs du CAC 40 sont au vert, la capitalisation des sociétés baisse. Les entreprises qui s'en sortent le mieux sont celles qui ont fait le pari de l'international.
Les entreprises du CAC 40 ont confiance en l'avenir, les investisseurs beaucoup moins. C'est en somme le résultat de l'étude publiée aujourd'hui par le cabinet Ricol Lasteyrie sur "le profil financier du CAC 40". "Cette analyse fait apparaître un véritable décalage entre l'activité et les résultats des sociétés (...) et leur niveau d'investissement d'une part, et les valorisations de marché d'autre part".
Pourtant, presque tous les indicateurs sont dans le vert. Le chiffre d'affaires du CAC 40 a progressé en moyenne de 4%, soit au même rythme que la croissance mondiale, et atteint les 1 322 milliards d'euros, dont 38% à l'international, hors Europe. Ce sont d'ailleurs les entreprises qui ont fait le pari de l'étranger qui ont été les mieux valorisées. Ceci étant, tous les secteurs n'ont pas connu la même envolée: les cycliques comme l'industrie et le BTP ont enregistré 9% de croissance, contre un recul de 4% pour les banques et assurances. Les marges opérationnelles sont aussi passées de 9,1% en 2010 à 9,8% en 2011, et même 13,6% pour la technologie, les médias et les télécoms.
Les entreprises ont également fait le choix de l'investissement (+11%), alors que la prudence était de mise lors des derniers exercices. Les secteurs de l'énergie, des matières premières et des services aux collectivités y ont même alloué 10,7% de leur CA. Les bilans sont restés solides, malgré la hausse de l'endettement (+12% à 248 milliards d'euros). De grands groupes, tels que Vivendi ou Sanofi, ont joué cette carte.
Pour ce qui est de la baisse des bénéfices (-10%), celle-ci se justifie en partie par des éléments positifs non récurrents qui ont eu lieu en 2010, comme le spin-off d'Edenred par Accor et la cession par Renault de sa part dans Volvo. En cause également, la crise bancaire et les dépréciations d'actifs (10,3 milliards).
Au global, les entreprises ne valent plus en bourse (804 milliards) que le montant de leurs fonds propres (801 milliards). Mais ces chiffres reflètent de réelles inégalités. Les biens et les services aux consommateurs ont un ratio de 1,9 (2,7 pour l'Oréal, 2,5 pour Danone et LVMH). A l'inverse, les secteurs financiers ont plombé la moyenne, avec un price to book moyen de 0,5 dont 0,3 pour la Société Générale et le Crédit Agricole. D'autres comme les spécialistes de l'automobile sont punis par leur trop grande concentration sur le Vieux Continent (Peugeot à 0,2 et Renault à 0,3). "Les investisseurs valorisent faiblement les perspectives de croissance et de création de valeur et les actifs immatériels non inscrits au bilan", explique l'étude.
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17/09/2021 - 10:31

