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exclusif Les Etats-Unis en panne d'emploi

EXCLUSIF. Les créations d'emplois ont été décevantes pour le mois de juin, 80 000 contre 100 000 attendus. Ce qui pourrait conforter la Fed dans la mise en place de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire.
Les trois statistiques du marché du travail publiées cette semaine laissaient espérer un chiffre meilleur que celui du nombre de créations d'emplois dévoilé cet après-midi par le Département du Travail. D'après le rapport mensuel, l'économie américaine a créé 80 000 emplois en juin, alors que les prévisions des analystes tablaient sur 100 000 nouveaux postes. Un chiffre insuffisant pour faire baisser le taux de chômage qui est resté stable, à 8,2%. Pourtant, le nombre d'inscriptions hebdomadaires au chômage s'est replié au-dessous de la ligne des 375 000 sur la semaine du 30 juin, à son plus bas niveau depuis deux mois. Et l'ADP a signalé hier une accélération des embauches dans le secteur privé en juin tandis que le Conference Board indiquait un fort rebond des offres d'emplois on-line (4,9% après un repli de 1% en mai). "Le juge de paix, véritable driver des marchés, reste malheureusement le rapport du Labor Department d'aujourd'hui", explique Oddo. Rob Carnell, économiste chez ING tempère : "Le rapport est décevant mais pas catastrophique non plus". Notamment parce que dans le détail, certains micro-indicateurs sont de bon augure. Ainsi, le salaire horaire a légèrement augmenté, de 0,3% sur un mois, soit de 2% sur un an. De même, le nombre d'heures travaillées au total a augmenté de 34,5 contre 34,4". "Les chiffres de l'emploi vont nécessairement entraîner des discussions au sujet d'un éventuel nouveau QE3 afin de soutenir le marché et le dollar, mais la réalité n'est pas sans doute pas assez sombre pour décider la Fed à engager des injections massives de liquidités", termine l'économiste d'ING. Sur ce sujet cependant, les analystes divergent. Ainsi selon Philippe Uzan, directeur des gestions chez Edmond de Rothschild Asset Management, "la Fed restera focalisée sur la lutte contre la déflation" et fera tout ce qui est en son pouvoir pour l'éviter. "Elle compte tuer dans l'oeuf les moindres signes de récession en se tenant prête à injecter de nouvelles liquidités et/ou en baissant les taux directeurs". Quelle que soit l'interprétation que la Fed décidera de donner aux chiffres du chômage d'aujourd'hui, ces derniers témoignent en tout cas de la faiblesse de la reprise américaine, ne générant pas suffisamment de nouveaux emplois. Ce qui témoigne également de l'impact de la crise européenne sur le continent américain.
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