Bâle 3 : Barnier divise France et Grande-Bretagne
EXCLUSIF.
Réunion tendue hier à Bruxelles. Les britanniques veulent pouvoir augmenter, à l'échelle nationale, les ratios de capital imposés aux banques. La France prône, elle, une souveraineté européenne.
La réunion qui s'est tenue hier entre les diplomates européens n'aura pas aplani les divergences, bien au contraire. Les représentants de la France et de la Grande-Bretagne se seraient affrontés à propos de la transposition des règles prudentielles de Bâle 3, selon Bloomberg.
Le texte en question, proposé par Michel Barnier, Commissaire européen au Marché Intérieur, prévoit que le coussin de capital que devront détenir les banques soit de 7% d'actifs pondérés en fonction des risques et que les régulateurs nationaux ne puissent pas imposer un ratio plus dur.
Une proposition qui fait bondir l'Espagne, la Suède et surtout la Grande-Bretagne. Car nos voisins anglo-saxons ne souhaitent pas abandonner leur souveraineté nationale. Ils veulent que leurs banques soient les plus solides possibles afin et que le contribuable ne soit pas obligé, une fois encore, de renflouer les établissement en faillite.
A l'inverse, l'Italie et l'Autriche, emmenées par la France, se prononcent pour une souveraineté européenne. L'Hexagone craint que des banques internationales basées à Londres n'assèchent la manne de crédit dans le reste de l'UE, si elles sont contraintes de détenir plus de fonds propres que ne l'exige la réglementation européenne. Elle aurait également peur de voir une partie des activités se délocaliser à la City, où les banques seraient, du coup, perçues comme plus sûres par les investisseurs.
"Je considère comme crucial que les banques accroissent leur résilience, notamment en incorporant leurs bénéfices et en restreignant les parties cash des bonus", a déclaré hier Mario Draghi, alors que les parlementaires planchent actuellement sur des mesures pour encadrer les rémunérations. Le président de la BCE serait favorable à ce que la question des ratios soit supervisée par le Comité Européen des Risques Systémiques, entité qui dépend de la BCE.
Faute d'un accord cette semaine, les ministres des Finances vont devoir rediscuter du sujet à l'occasion de leur réunion du 2 mai. Le modèle qu'ils choisiront pour l'Europe influencera la manière dont les Etats-Unis vont interpréter les standards de régulation.
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