Bol d'air pour les émergents après la décision de la Fed
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Malmenés par les marchés cet été, les émergents ont accueilli avec liesse la décision de la Fed. L'Inde augmente son taux directeur pour endiguer l'inflation, tandis que le Brésil s'attend à un "soft landing".
En annonçant mercredi soir le maintiens de son taux directeur et des 85 milliards de dollars mensuels de rachats d'actifs, c'est un véritable bol d'air qu'a offert la Réserve Fédérale américaine aux émergents. La roupie indienne progressait ainsi de 3% face au dollar hier, tandis que les actions indonésiennes et thaïlandaises se sont appréciées respectivement de 4,7 % et 3,2 %.
Mais les émergents ne sont pas sortis d'affaire pour autant ; Bernanke leur a seulement offert un peu de marges de manoeuvre afin qu'ils réalisent les réformes structurelles nécessaires. Ainsi que le soulignent les analystes d'Exane, "le répit offert par la baisse des taux [à 10 ans] US -qui ont perdu plus de 20 points de base jeudi- ne réduit pas la nécessité pour les émergents de corriger leurs déséquilibres. Dans l'ensemble, les monnaies des économies émergentes vulnérables sont toujours susceptibles de faire face à de nouvelles pressions à la baisse dans les prochains mois".
"Du point de vue des marchés, les investisseurs favoriseront de plus en plus les émergents qui font preuve de sérieux en poursuivent les réformes monétaires, budgétaires et structurelles nécessaires" poursuit le document. Parmi les émergents, l'Inde semble souscrire à cette réflexion. Raghuram Rajan, le nouveau gouverneur de la banque centrale indienne, a ainsi augmenté ce matin d'un quart de point le taux directeur, qui atteint désormais 7,50%.
Cette annonce a surpris les analystes qui prédisaient à la quasi-unanimité un maintien à 7,25%. Toutefois la manoeuvre indienne n'est pas dénuée de sens puisque le pays est en proie à une inflation supérieure à 10%. Surtout, c'est un message fort envoyé aux investisseurs sur la détermination du pays à mener les réformes structurelles qui s'imposent sans se laisser dicter son calendrier par la Fed.
Le Brésil, également victime d'une inflation record couplée à une grogne sociale qui a amputé ses perspectives de croissance pour l'année en cours, ne voit quant à elle pas la nécessité de se précipiter. Son ministre des Finances, Guido Mantega, estimant que la décision de la Fed était en soi un signal suffisant que les Etats-Unis préparaient "un soft landing" en ralentissant "son calendrier" - bien que Bernanke réfute lui-même l'idée d'un quelconque calendrier. Dans la foulée, le real brésilien s'appréciait de 3% face au dollar, au plus haut depuis juin.
La perspective d'une fin imminente des mesures exceptionnelles de soutien à l'économie mises en oeuvre par la Fed avait conduit de nombreux investisseurs à liquider leurs positions dans les émergents au cours de l'été. Dans ce cadre, les monnaies des pays accusant un important déficit commercial ont particulièrement souffert.
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17/09/2021 - 10:31

