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La Société Générale toujours embourbée dans les affaires
C’est toujours un exercice délicat pour les banques de devoir présenter des résultats trimestriels, alors que les affaires judiciaires du passé reviennent sur le devant de la scène. Pour Frédéric Oudéa, directeur général de Société Générale : « nous souhaitons mettre derrière nous ces litiges d’affaires passées. C’est pourquoi nous coopérons activement sur les trois dossiers qu’il nous reste à régler : l’affaire Euribor, la partie pénale de la LIA et l’enquête de l’OFAC (Office of Foreign Asset Control, ndlr) ». Des enquêtes et litiges qui, sans plomber vraiment les résultats, viennent ternir l’image de la banque. Cette dernière a en effet payé 963 millions d’euros au cours du deuxième trimestre pour régler une transaction avec la LIA (Libyan investment authority) pour corruption dans le pays. Ainsi, Frédéric Oudéa continue à devoir gérer les erreurs du passé et des équipes précédentes. A noter que les provisions pour litiges, sont au même niveau que fin décembre 2016, à 1,9 milliard d’euros.
Quoi qu’il en soit et tout en tenant compte de ces éléments exceptionnels, l’activité du deuxième trimestre de la banque a été mitigée. Le PNB sur la période s’élève ainsi à 5,2 milliards d’euros contre 6,9 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 25%. Hors éléments exceptionnels, les activités ont généré un PNB de 6,4 milliards d’euros en baisse de 0,5%. Les coûts continuent à être maîtrisés et notamment le coût du risque, qui s’établit à 15bp en baisse par rapport aux 38pb du deuxième trimestre 2016. Au final, le résultat net part du Groupe s’élève à 1 milliard d'euros au deuxième trimestre de l’année, en forte baisse par rapport au 1,5 milliard de la même période l’an dernier. Sur les activités uniquement, le résultat net s’inscrit en hausse de 11% par rapport au deuxième trimestre 2016.
Même si la banque de détail en France s’améliore, l’activité reste tout de même handicapée par le niveau des taux bas tout comme la renégociation des prêts immobiliers par les particuliers qui pèsent sur le niveau des marges d’intérêt compensé en partie par la hausse des commissions (qui représentent 43% des revenus). Ainsi, le PNB de la branche a baissé de 2,3% au deuxième trimestre par rapport à l’année précédente, à 2 milliards d’euros. Les coûts se sont inscrits en hausse du fait de la transformation du modèle, le résultat d’exploitation s’étant par conséquent élevé à 663 millions d’euros en baisse de 12,8% sur un an. L’activité banque de détail à l’international a tiré son épingle du jeu, la Roumanie étant très dynamique et le rattrapage en Russie de la consommation des ménages continuant à jouer en faveur de la banque rouge et noire.
De son côté, la BFI a elle aussi fait moins bien qu’habituellement et notamment par rapport à BNP Paribas et Natixis qui ont publié leurs résultats ces derniers jours. Le groupe justifie la baisse de la banque de marché notamment (PNB en baisse de 3,1% à 1,5 milliard d’euros) par le repositionnement clientèle du groupe et la faible volatilité des marchés, tout comme la baisse du métier financements et conseils. Heureusement, la gestion d’actifs et notamment Lyxor ont eu une activité soutenue. Et malgré un recul de ses frais et coûts sur le trimestre, l’activité BFI a généré un résultat d’exploitation de 632 millions d’euros en recul de 7,3% par rapport à l’année précédente.
Enfin les capitaux propres du groupe restent clairement bien gérés, le CET 1 s’élevant à 11,7% au 30 juin contre 11,6% à la fin mars. Il inclut notamment l’impact des opérations d’optimisation de portefeuille (notamment introduction en bourse d’ALD, cession de Splitska Banka et rachat de 50% du capital d’Antarius) et une provision pour dividende de 1,10 euro par action. En effet, pour Frédéric Oudéa, « le Groupe a également poursuivi l’optimisation de son portefeuille d’activités, avec notamment l’acquisition de 50% du capital d’Antarius et l’introduction en bourse d’ALD. Société Générale prépare activement la nouvelle étape stratégique qui sera présentée en novembre prochain, en s’appuyant sur la nouvelle gouvernance du Groupe, à la fois plus agile et plus proche de nos clients, mise en place dès septembre », a-t-il indiqué dans le communiqué. Le titre perd tout de même ce matin 4,79% à 47,75 euros.
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