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exclusif Areva placée, depuis aujourd'hui, sous surveillance des pouvoirs publics

EXCLUSIF. Un décret signé par Jean-Marc Ayrault, Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg, publié au Journal Officiel, entérine des changements de statut pour le groupe, qui réduisent sa marge de manoeuvre.
Le Journal Officiel de ce 22 août publie - dans son encore très mince édition quotidienne - un décret suffisamment important pour être cosigné par le Premier ministre, par Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des Finances et par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. Il faut dire que ces deux derniers se partagent la tutelle de l'Agence des Participations de l'Etat, qui contrôle Areva pour le compte du Trésor. Ce décret entérine un certain nombre de dispositions statutaires, proposées par les nouveaux dirigeants d'Areva et votées lors de la dernière assemblée générale des actionnaires du groupe, qui s'est tenue le 10 mai dernier. Il s'agit d'encadrer, mieux que cela était prévu dans le passé, les pouvoirs et les prérogatives des dirigeants de ce groupe hautement stratégique, tant pour l'Etat que pour son approvisionnement énergétique. Le décret rappelle donc que le conseil de surveillance d'Areva voit désormais sa compétence étendue aux décisions d'investissement portant création d'un site ou augmentation des capacités d'un site existant, pour un montant supérieur à 20 millions d'euros. Par ailleurs le seuil au-delà duquel les acquisitions et les prises de participations doivent être autorisées par le conseil de surveillance est abaissé à 20 millions d'euros, contre 80 millions auparavant. Enfin un comité d'éthique est institué. Rattaché au conseil de surveillance, il est chargé de s'assurer que le groupe applique les meilleures pratiques en matière de déontologie. Ces trois dispositions concrètes sont la conséquence de l'affaire Uramin, du nom d'une société canadienne acquise à prix d'or il y a quelques années, alors qu'elle ne disposait que de permis miniers, dont la plupart se sont révélés inexploitables. Ce qui a conduit Areva à passer des provisions pour plusieurs milliards d'euros. Même si à l'époque, le conseil de surveillance d'Areva avait eu à approuver cette acquisition, le pouvoir solitaire exercé par Anne Lauvergeon dans les négociations sur ce dossier lui a été vivement reproché.
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