Facebook : 50 milliards de dollars partis en fumée en une matinée
C’est un lundi noir pour Mark Zuckerberg. Alors que jusqu’à présent, Facebook avait réussi à échapper à une punition boursière - malgré l’ingérence des intérêts russes lors de la campagne présidentielle – le titre chute lourdement ce matin. Il baisse de plus de 7%, soit près de 50 milliards de dollars partis en fumée en l’espace de deux heures ! Ce décrochage, le plus violent depuis septembre 2012 soit juste après son IPO, est lié aux révélations faites par le New York Times et le Guardian, selon lesquelles Cambridge Analytica, un cabinet de conseil politique qui accompagnait la campagne de Donald Trump, avait utilisé les informations de plus de 50 millions d’utilisateurs Facebook, afin d’influencer leur vote. Cette société créée par Steve Bannon, l’ancien conseiller du Président, et Robert Mercer, un généreux donateur républicain, a ainsi offert de petites rémunérations pour des publicités qui consistaient à télécharger une application, laquelle leur permettait d’avoir accès à leurs informations et celles de leurs amis.
Les responsables de Facebook ont botté en touche, expliquant qu’il ne s’agissait pas d’un piratage dans la mesure où les utilisateurs autorisaient l’accès à leurs informations. Le réseau social a aussi bloqué les profils des deux représentants qui étaient alors impliqués chez Cambridge Analytica – qui l’ont quitté depuis et sont à l’origine de ces fuites.
En parallèle, le groupe de Mark Zuckerberg fait face à de nouveaux challenges fiscaux en Europe, puisque la Commission européenne a prévu de proposer une taxe sur le chiffre d’affaires des Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) cette semaine. Un projet auquel le Trésor américain s’est dit opposé, mais l’Europe semble prête à agir de manière coordonnée, alors que l’amende infligée à Google en France a été annulée par la justice l’été dernier. Le Vieux Continent réplique ainsi aux annonces de Donald Trump sur les tarifs douaniers, mais aussi à l’impact de la réforme fiscale, qui accorde une décote fiscale aux entreprises qui rapatrieront leurs bénéfices détenus à l’étranger.
En attendant, le camouflet subi par Facebook, mais aussi les sorties de Donald Trump sur Twitter le WE dernier, ont perturbé les marchés ce lundi, le Dow Jones reculant de plus de 300 points. Le locataire de la Maison Blanche s’est insurgé contre l’ex-directeur adjoint du FBIO Andrew McCabe – remercié deux jours avant sa retraite vendredi, et qui assure avoir documenté ses échanges avec le Président - et surtout contre Robert Mueller, qui mène l’enquête très sensible sur une possible collusion entre la Russie et sa campagne présidentielle. C’est la première fois que Donald Trump s’attaque directement à cet investigateur et, si son rôle n’est pas encore menacé, ses mots sur Twitter ont suscité une levée de boucliers côté républicain, dans son propre camp.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

