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exclusif Le Trésor sort le champagne!

EXCLUSIF. La France a levé pour près de 7 milliards d'euros à long terme à des taux historiquement bas. Pour la première fois depuis que le Trésor émet, le dix ans s'est adjugé sous les 2%!
Enfin une bonne nouvelle dans l'actualité économique française ! L'Agence France Trésor a fait carton plein ce matin lors d'une émission à 7,8 et 10 ans et levé pour près de 7 milliards d'euros à des niveaux de taux jamais atteints jusqu'ici. Ainsi le Trésor a émis pour 2,495 milliards d'euros à échéance avril 2020 à un rendement de 1,26% contre 1,83% en février dernier, et pour 2,47 milliards à maturité 2021 à 1,54% (première émission sur cette souche de l'année). Surtout, chiffre le plus marquant: la France est parvenue à lever pour plus de 2 milliards d'OAT dix ans sous les 2%, à 1,94% pour la première fois depuis que le pays émet ! Le précédent record datait de janvier dernier, où les titres à 10 ans s'étaient adjugés à 2,07%. "C'est une excellente adjudication, qui souligne que malgré le 'french bashing' au sein de notre pays, les investisseurs continuent d'acheter de la dette française", explique Jean-François Robin, analyste chez Natixis. La France offre un rendement plus intéressant que l'Allemagne et les investisseurs estiment pour le moment que le pays n'est pas menacé. D'où le succès de l'adjudication de ce matin, où la demande a été près de trois fois supérieure à l'offre. "C'est incroyable, la France a émis sous le niveau d'inflation!", poursuit l'analyste. L'Hexagone a également bénéficié du regain d'incertitudes en zone euro, notamment en Italie, où le risque politique est élevé, et en Espagne, qui négocie avec Bruxelles pour reporter son équilibre budgétaire à 2016. Depuis l'annonce de l'OMT et jusqu'à début février, les investisseurs étaient retournés vers ces titres de dette, offrant de bons rendements et garantis par le nouveau programme de rachat de titres de la BCE. Mais ils sont désormais plus frileux, ce qui n'a pas manqué de profiter à l'Hexagone, dont les titres à dix ans ont perdu 28 points de base depuis début février. Il reste à espérer que le pessimisme sans nul doute justifié des industriels et acteurs économiques français, souligné par les différents indicateurs avancés des dernières semaines, ne contamine pas les investisseurs en dette de l'Hexagone.
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