Les grandes banques vont coopérer sur le contrôle des clients
EXCLUSIF.
Incitées par l'évolution réglementaire un an après l'amende record infligée à HSBC, les plus grandes institutions mondiales envisagent désormais de mutualiser leurs bases de données clients.
Des banquiers et consultants rapportent que des discussions sont engagées avec des entreprises de bases de données telles que Markit, The Depository Trust and Clearing Corporation, Broadridge Financial Solutions , Swift et Lysis Financial à propos de contrôles communs de clients corporates et institutionnels. De son côté, l'américain Genpact et le britannique Markit devraient annoncer aujourd'hui le premier partenariat de ce type, créant ainsi le premier service trans-sectoriel de bases de données et de screening des clients.
HSBC et Morgan Stanley travailleront avec ces deux groupes sur la conception du service, qui vise à réduire drastiquement les coûts pour les banques et à les placer en conformité avec les nouvelles réglementations en matière de blanchiment d'argent ou de financement du terrorisme.
Ces nouvelles mesures interviennent moins d'un an après l'amende record de 1,9 milliard de dollars payées par HSBC dans le cadre d'une affaire de blanchiment d'argent. Elle avait suscité la surprise des conseils d'administration des banques mondiales, soudain conscients du coût potentiel que pouvait avoir la violation de la réglementation en matière de contrôle client.
Les banques réfléchissent donc sérieusement à engager une mutualisation des fichiers clients, via la mise en place d'un indice commun accessible à tous les établissements contributeurs. Une telle banque d'information serait en revanche détenue et exploitée par une société tierce, afin de prévenir tout risque de conflit d'intérêts. Mais les discussions en cours ne s'arrêtent pas là, et les banques envisageraient également de partager des coûts associés à la collecte d'informations et à l'évaluation des risques.
Les discussions engagées sur ce sujet très sensible mettent en exergue la pression exercée par les organismes de régulation sur les grandes banques, qui acceptent désormais de coopérer entre elles. D'autant plus qu'elles ont pris conscience des bénéfices qu'induirait la mutualisation de leurs moyens, notamment dans le domaine informatique, un coût fixe important.
Si les dépenses des banques en matière de contrôle devraient passer de 800 millions à 1,25 milliard de dollars d'ici à 2016, selon les estimations de SunGard, son P-dg Jeffrey Wallis estime que la facture pourrait être divisée par deux avec une véritable mutualisation des données clients.
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17/09/2021 - 10:31

