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Nicolas Dufourcq : "nous sommes entrés dans l'âge d'or de la gestion"

Le patron de Bpifrance en est convaincu : le métier de la gestion est en train de connaître une mutation fondamentale avec l'émergence de sociétés de participations. Le bilan à mi-année de son établissement en témoigne : les entreprises sont de plus en plus demandeuses d'accompagnement alors que l'activité fonds de fonds explose.
Nicolas Dufourcq - bpifrance - BPI
Nicolas Dufourcq - bpifrance - BPI

Nicolas Dufourcq commentait ce matin l’activité semestrielle de Bpifrance qu’il préside. A entendre l’homme fort de l’établissement public, son domaine de prédilection est en train de connaître plusieurs tendances fondamentales. Avec un constat de base on ne peut plus positif : « On a 30 mois d’âge d’or en perspective, même si l’on est entré tardivement dans le cycle et que la France pourrait faire mieux en matière de croissance de l’investissement », a-t-il souligné.

A partir de là, celui qui présente sa banque comme la plus grosse société de gestion française et le plus important financeur d’entreprises nationales a détaillé un bilan à mi année marqué par le bond en avant des opérations de cofinancements (+20%), mais aussi une forte croissance des investissements directs en capital innovation (+42%) et surtout de l’activité de fonds de fonds (+95%). « Le métier de la gestion est en train de vivre une période particulièrement faste. Cela pousse de tous les côtés », a affirmé Nicolas Dufourcq précisant que Bpifrance allait mettre 1,1 milliard d’euros dans cette activité, face à environ 4 milliards d’euros dans le privé. « Il faut maintenant convaincre les Américains de venir investir en France dans le capital risque, ce qui n’est pas le cas. Alors qu’en Israël comme en Inde, ils représentent 80% des montants investis dans cette classe d’actifs. Dans l’Hexagone, nos fonds de capital-risque sont financés à 80% par des intérêts français, 10% par des fonds européens et 10% par des family-offices européens », a précisé le responsable. Parmi les intervenants qu’il cherche à toucher : les fonds de fonds du pays de l’Oncle Sam et les fonds souverains universitaires, très riches.

Autre cheval de bataille de l’ex numéro deux de Capgemini : ne pas hésiter à faire tourner le portefeuille (69 cessions ont été réalisées sur le semestre pour 1,5 milliard grâce notamment à la sortie d’Eiffage, Schneider et Nokia), et donc à sortir de ses participations, au moment où les valorisations sont particulièrement généreuses dans le private equity ; confirmer ses ambitions dans l’investissement au sein de grandes entreprises (même s’il a fait remarquer qu’il ne prendrait pas d’autres participations de l’Etat, à court terme, après l’avoir fait avec Peugeot pour 1,9 milliard d’euros) et doper l’accompagnement des entreprises. « A cette occasion, nous comptons mailler un réseau d’entrepreneurs sur toute la France et dans un grand nombre de filières grâce à la création d’Accélérateurs », a détaillé l’homme fort de la banque. Sur les six premiers mois de 2017, 6.200 entreprises ont déjà bénéficié d’une offre d’accompagnement. Rythme que Bruno Le Maire souhaiterait encore plus soutenu, a prévenu Nicolas Dufourcq, qui envisage bel et bien accélérer le mouvement sur la deuxième partie de l’année et au-delà.

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