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Un sauvetage qui pourrait coûter cher aux Italiens
C’est la fin d’un processus qui dure depuis plusieurs mois et ce, sans l’intervention du SRB (Conseil de résolution unique) européen. Banca Intesa Sanpaolo a confirmé ce matin reprendre les actifs sains des banques Vénètes, Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca, toutes deux considérées par le gouvernement italien comme « en train ou probablement sur le point » de faire faillite. Cette situation a contraint le gouvernement à prendre hier un décret en urgence afin d’organiser la procédure de liquidation des deux banques et à procéder au transfert dès aujourd’hui des agences et salariés des deux établissements au groupe Intesa Sanpaolo.
La première banque de détail du pays recevra dans un premier temps 5,2 milliards d’euros de la part de l’Etat italien, avec d’une part 4,8 milliards permettant à Intesa de conserver son ratio tiers one à un niveau raisonnable après l’acquisition et d’autre part de 400 millions permettant de couvrir le risque de certains crédits rachetés par Intesa. Dans un second temps, l’Etat se réserve le droit d’apporter 12 milliards d’euros supplémentaires en garantie, pour couvrir les pertes des deux banques liées à leurs créances douteuses. Cela monterait donc le coût de l’opération à 17,2 milliards d’euros, auxquels viennent s’ajouter les 3,5 milliards déjà versés aux deux banques Vénètes lors de leurs renflouements par le fonds Atlante l’an dernier.
L’opération, qui ne coûtera qu’un euro symbolique à Intesa Sanpaolo débouchera sur la reprise à son actif des salariés des deux groupes en Italie à l’étranger, représentant un total de 10 840 personnes et de 960 agences. L’acquisition porte en effet sur les actifs italiens dont notamment Banca Apulia et Banca Nuova mais aussi de plusieurs établissements en Moldavie, en Croatie et en Albanie. Banca Intesa Sanpaolo a ainsi indiqué que ce rachat n’aura pas d’impact sur son ratio de fonds propres Tier 1, ni sur sa politique de dividende.
Le groupe a tout de même annoncé ce matin qu’il allait fermer 600 agences et mettre en place un plan de départs volontaires pour 3 900 employés. « L'intervention d'Intesa Sanpaolo permet d'éviter les graves conséquences sociales qui auraient dérivé autrement de la procédure obligatoire de liquidation administrative de deux banques » a ainsi ajouté l’acquéreur. La casse serait donc limitée pour la région, puisque selon Banca Intesa Sanpaolo, cette opération va sauver « les économies de deux millions de foyers, les activités de quelque 200.000 entreprises soutenues financièrement et par conséquence les emplois de trois millions de personnes dans ces régions ». Le groupe déboursera par ailleurs près de 60 millions d’euros pour compenser les pertes des épargnants détenant des obligations subordonnées des deux banques régionales.
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