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WeWork, bientôt la deuxième plus grosse licorne ?

Le leader mondial du coworking est en discussions pour une levée de fonds auprès de Softbank, qui verrait sa valorisation doubler à près de 40 milliards de dollars, alors même qu’il a perdu près d’1 milliard de dollars l’an passé. Les investisseurs sont plus que jamais friands des licornes américaines, quel que soit leur prix.

Les licornes sont des animaux imaginaires, mais cela n’empêche pas les investisseurs techs de rêver. Et en particulier le plus puissant d’entre eux, Softbank, qui a bouclé le plus gros fonds historiquement dédié à la tech, Vision Fund, à 92 milliards de dollars et qui a attiré les fonds souverains d’Abu Dhabi et d’Arabie Saoudite. Avec de tels moyens, le conglomérat japonais est prêt à entrer au capital des start-up les plus convoitées de la Silicon Valley, notamment Uber où il a investi en début d’année sur une valorisation proche de 70 milliards de dollars. Et aujourd’hui selon le Wall Street Journal, il est en discussions avec WeWork, le leader mondial du coworking, afin de faire du groupe new-yorkais la deuxième plus grosse licorne mondiale.

Ainsi, après avoir déjà abondé 4,4 milliards de dollars lors d’un tour de table en août 2017, le valorisant à l’époque à 20 milliards de dollars, l’investisseur est prêt à remettre la main au portefeuille et à mener à nouveau ce tour de table de plusieurs milliards. Et cette fois, à un prix presque deux fois plus élevé, soit entre 35 et 40 milliards de dollars. Interrogé sur le sujet lors d’une conférence à Londres hier, Rajeev Misra, qui dirige le Vision Fund, s’est justifié : « Peut-être que c’est survalorisé, mais je pense qu’ils vaudront 100 milliards de dollars dans quelques années », a-t-il déclaré, selon Business Insider.

Une telle valorisation fait hausser les sourcils de ceux qui considèrent que Wework, qui achète des immeubles et les divise en bureaux individuels qu’il loue, ressemble davantage à un acteur immobilier qu’à une pépite tech. Mais le groupe fondé et dirigé par Adam Neumann, qui a voyagé au Japon pour rencontrer l’emblématique patron de Softbank Masayoshi Son, a aussi pour ambition de révolutionner l’avenir des bureaux, et même de la vie en collectivité. Outre son expansion fulgurante partout dans le monde, il s’est diversifié en lançant des logements partagés en 2016 (WeLive), des salles de gym de luxe (Rise by We) mais aussi une école élémentaire pour « jeunes entrepreneurs » (WeGrow).

Pour financer de tels développements, le groupe doit brûler beaucoup de cash : l’an passé, ses revenus ont doublé à 886 millions de dollars mais aussi sa perte nette, à 933 millions de dollars. Cela ne l’a pas empêché d’arriver à se financer facilement sur les marchés, où il a émis 700 millions de dollars d’obligations fin avril, même si les titres ont décroché ensuite sur le marché secondaire. Pour Uber comme pour WeWork, tout le défi sera donc de réussir à proposer une option de sortie à ces investisseurs via une IPO, sans que leur valorisation n’en pâtisse trop. Uber, qui a remercié son fondateur l’an passé, y travaille pour une entrée prévue en 2019. Mais pour le moment, les niveaux de multiples accordés par les fonds de venture pour des activités en perte ne sont pas vraiment du goût des marchés financiers.


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