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exclusif Jean Arthuis pour un ministre des Finances pour la zone euro

EXCLUSIF. Dans un rapport, le sénateur de la Mayenne souligne la différence des liens qui unissent l'UE et la zone euro. Il préconise de fusionner les postes de José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy, de créer un Trésor de la zone euro etc.
Il ne s'agit pas de créer de nouvelles institutions européennes, mais de "rationnaliser les structures actuelles". Dans un rapport remis hier à François Fillon, l'ancien ministre des Finances, Jean Arthuis, explique que l'Europe a besoin de "lisibilité", "d'efficacité" et de "cohérence" pour sortir de la crise et mener des projets à plus long terme, comme la mutualisation de la dette. La première phase du processus : l'acceptation. Les Etats doivent admettre que "les liens avec les 27 n'ont rien à voir avec ceux qui unissent les 17". Les premiers partagent un marché unique et intégré, les autres une politique monétaire et budgétaire. Donc, sans pour autant exclure les pays non membres des décisions, il faut reconnaitre deux cercles distincts. "Par exemple, lorsqu'il y a un plan de sauvetage d'un Etat membre de la zone euro, ce n'est pas le budget communautaire qui est sollicité à titre principal, ni le budget britannique : ce sont les finances des Etats membres de la zone euro", explique Jean Arthuis. Du coup, il faut créer un trait d'union "entre les deux cercles" tout en fédérant le noyau dur (les 17). Pour ce faire, le sénateur de la Mayenne propose qu'un seul et même homme, issu du premier cercle, préside l'UE. L'analyste préconise de fusionner les postes de José Manuel Barroso, qui est à la tête de la Commission européenne et de Herman Van Rompuy, président du Conseil européen. Le titulaire aurait ainsi "un poids politique important" et permettrait aux citoyens, comme aux interlocuteurs tiers (FMI, BCE), de s'y retrouver. En dessous de lui dans l'organigramme : un poste de ministre de l'Economie et des Finances de la zone euro verrait le jour. Ce dernier assumerait les fonctions de président de l'Eurogroupe (pour les 17) et de président du Conseil Ecofin (pour les 27). Il deviendrait le porte-parole de la zone euro. Afin de pourvoir à sa mission, le ministre aurait besoin d'une administration dédiée. Basé à Bruxelles et intégré à la Commission européenne, le "secrétariat général du Trésor de la zone euro" serait l'équivalent en matière économique et financière du service européen pour l'action extérieure dirigé par Catherine Ashton. Son secrétaire général "assumerait les compétences actuellement exercées par le président du groupe de travail de l'Eurogroupe".
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