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Fnac Darty s’appuie sur l’Europe pour faire progresser ses ventes / La consommation française toujours en berne

Le distributeur de biens culturels et électroménagers a amélioré sa marge brute et son chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de 2026 et confirme ses perspectives annuelles. La croissance de ses activités dans le reste de l'Europe a pallié la morosité de la consommation française, tandis que l’incertitude reste pour l’heure de mise quant aux impacts qui résulteront des pillages et dégâts du week-end du 17 octobre. L’offre publique d’achat menée par Daniel Kretinsky doit de son côté être clôturée le 9 novembre.
(Photo by Daniel Dorko / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Daniel Dorko / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Le contexte français n’a pas eu raison des perspectives annuelles de Fnac Darty. Le distributeur de biens culturels et électroménagers a confirmé les siennes à l’occasion de sa publication trimestrielle, soit celles d’une progression de son taux de marge opérationnelle courante et de son cash-flow opérationnel. La marge brute a en tout cas été en hausse de 40 points de base au titre des neuf premiers mois de 2026, grâce à une bonne gestion, un mix produits favorable et la contribution croissante des services. D’un autre côté, le chiffre d’affaires s’est apprécié de 1,1 %, à 6,9 milliards d’euros. Sur le seul troisième trimestre, la progression est de 1,8 %, à 2,5 milliards d’euros.

Dans la lignée des publications précédentes, la France est restée en panne : la zone affiche un recul de 0,6 % de ses ventes à fin septembre par rapport aux neuf premiers mois de 2025. Les conditions climatiques – soit la canicule, qui avait dynamisé les ventes de climatiseurs – ont bien soutenu certaines catégories, mais l’activité reste pénalisée par un environnement de consommation morose, en lien avec la perte de confiance des ménages et les problématiques de pouvoir d’achat.

Alors que les pillages et violences du week-end du 17 octobre ont par exemple poussé Carrefour à revoir ses prévisions annuelles à la baisse, Fnac Darty reste pour l’heure dans l’attente d’un chiffrage plus exact des dégâts, en matière de stocks volés et de dommages matériels. Une douzaine de points de vente ont été affectés à des degrés divers, a expliqué Enrique Martinez, le directeur général du groupe, lors de la présentation des résultats à la presse. La plupart d’entre eux devraient normalement être rouverts d’ici la fin de semaine, sauf à Marseille. Quant à l’impact que cela pourrait avoir sur la consommation française sur la fin d’année, Enrique Martinez a indiqué qu’il était encore trop tôt pour se prononcer, eu égard à l’incertitude entourant la suite de ces évènements. Mais prévenant toutefois qu’un prolongement de la séquence aurait nécessairement un impact sur le groupe. « Nous allons apprendre au jour le jour la suite des évènements. […] La consommation, en France, n’était déjà pas de bonne qualité. Je ne m’attends pas à ce que nous revenions à une dynamique plus forte qu’avant, mais nous n’avons pas d’éléments aujourd’hui pour indiquer qu’elle changera », a-t-il estimé.

 

D’autres moteurs

 

Ce recul français tranche avec les autres pays d’activité du groupe, puisque le reste de l’Europe affiche une hausse de 3,5 % de ses ventes de janvier à septembre, par rapport à la même période de 2025. En Italie, où Fnac Darty poursuit l’intégration d’Unieuro selon le calendrier prévu, la progression est de 2,5 % sur l’ensemble des canaux de distribution. La performance opérationnelle enregistrée y est satisfaisante et l’objectif d’au moins 20 millions d’euros de synergies d’ici à la fin de l’année, grâce à cette acquisition, est confirmé. La Belgique et le Luxembourg croissent de 5,2 %, tirés par les bonnes tendances de consommation, tandis que le Portugal bondit de 8 %. « L’acquisition de 11 magasins Staples permettra de renforcer le maillage territorial de l’enseigne sur l’année 2027 », affirme Fnac Darty. Enfin, mis à part la Suisse, où le recul du marché du livre et des ordinateurs a tiré les ventes à la baisse à hauteur de 1,1 %, l’Espagne vient compléter cette croissance européenne positive, avec une progression de 4,4 % sur un an.

Dans l’ensemble, les ventes en magasins du groupe sont restées stables, pendant que les ventes en lignes – 21 % du total – ont grimpé de 5,3 % par rapport aux neuf premiers mois de 2025. Le niveau de ventes omnicanales, qui pèsent à hauteur de moitié des achats en ligne, est aussi en hausse.

Cette publication intervient dans la foulée du feu vert donné par Bruxelles, au titre du contrôle des concentrations, à l’offre publique d’achat que mène le premier actionnaire du groupe Daniel Kretinsky. Du fait de la réception de cette décision, qui constituait la dernière autorisation attendue, l’Autorité des marchés financiers a annoncé que la clôture de l’offre avait été fixée au 9 novembre. Les actionnaires ont ainsi jusqu’à cette date pour y apporter leurs titres. L’avis de résultat de l’opération, visant un seuil de réussite de 50 %, sera publié dans les jours suivants. En cas de succès, l’offre devra être rouverte pendant au moins dix jours de négociation.

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