Arkéon Finance devance le PEA-PME
EXCLUSIF.
L'intermédiaire boursier vient de recevoir l'aval de l'AMF pour lancer un produit devançant la nouvelle enveloppe fiscale prévue en 2014. Il anticipe une manne de 7,5 milliards d'euros pour les petites et moyennes entreprises cotées et non cotées.
La mise au point du PEA-PME, cette nouvelle poche fiscale destinée à redonner un peu d'oxygène aux petites et moyennes entreprises cotées et non cotées fait aujourd'hui l'objet d'intenses discussions entre les différentes parties. La part destinée aux sociétés non cotées sera-t-elle fixe ? Pourra-t-on y introduire des obligations ? Cette poche sera-t-elle entièrement autonome du PEA classique ou intégrée ?
Autant de questions qui seront débattues en septembre prochain avant d'être comprises dans le prochain projet de loi de finance 2014 pour une mise en oeuvre, en théorie, dans le courant de 2014.
En attendant, certains professionnels se penchent déjà sérieusement sur le sujet. C'est le cas d'Arkéon Finance, cette société de Bourse spécialisée dans les petites et moyennes valeurs cotées et non cotées. Cet intermédiaire n'a effectivement pas attendue la création officielle de cette nouvelle manne fiscale pour créer une SCR (société de capital risque) entièrement adaptée au futur cadre du PEA-PME. Pour profiter de l'exonération fiscale sur les plus-values, il faudra ainsi accepter de bloquer son capital au moins 5 ans. Cette société sera entièrement investie en entreprises de moins d'un milliard d'euros de capitalisation boursière, en sociétés non cotées avec une poche consacrée à des obligations convertibles. Dans le détail, 50% des actifs seront constitués de valeurs du compartiment Eurolist B, 20% de l'Eurolist C et Alternext et 30% de firmes non cotées. La part minimale est de 11.000 euros. Particularité de ce produit qui vient de recevoir le quitus de l'AMF : il sera obligatoirement liquidé au bout de 5 ans et demi et ce, pour faire disparaître la décote qui aura été créée au fil des ans. De même, une liquidation par anticipation (4 ans et demi) pourra-t-elle intervenir si la Bourse s'est montrée particulièrement capricieuse, donnant ainsi la possibilité aux actionnaires de la SCR de déclarer des moins values fiscales.
" Si nous avons voulu nous lancer dans ce projet pour le moins original, c'est clairement pour devancer la création du PEA-PME, projet crucial pour les petites et moyennes entreprises françaises. Aujourd'hui, les fonds dits PEA ne jouent pas vraiment le jeu des petites valeurs puisqu'en moyenne, ils détiennent moins de 3% de sociétés de moins de un milliard d'euros de capitalisation boursière. Ce qui ne fait pas les affaires des PME en mal de liquidité en Bourse et de financements ", lance Robert de Vogüé, président d'Arkéon Finance qu'il a crée en 2003.
Les calculs de ce professionnel sont certes prometteurs : selon lui, sur les 7 millions de PEA existants à ce jour, 74.000 sont vraisemblablement au plafond et susceptibles de vouloir profiter de la nouvelle manne de 75.000 euros envisagée par PEA. Sachant qu'un foyer peut en détenir deux. Du coup, ce sont environ 7,5 milliards d'euros qui pourraient aller vers les PME.
Une telle perspective constitue effectivement une bonne nouvelle pour les entreprises qui seront sélectionnées mais aussi pour les sociétés de gestion qui auront réussi à capter cette nouvelle source de flux. Ces acteurs souffrent, eux aussi depuis 2008 de la raréfaction des opérations primaires, de la chute des volumes et de l'appauvrissement des entreprises. Relancer le financement des acteurs de l'économie sert aussi à redynamiser tous les maillons d'une chaîne financière et boursière, elle aussi maltraitée.
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17/09/2021 - 10:31

