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Orange monte à bord d’une co-entreprise pour déployer un nouveau système de câble sous-marin / Une route de connectivité soutenue par un financement de l’Union européenne
Un projet aux couleurs 100 % européennes. Orange s’associe à l’investisseur européen Equitix et à MDM, concepteur irlandais de câbles sous-marins, dans la création de la co-entreprise Pisces, chargée de porter et de réaliser le projet du même nom : un nouveau système de câble sous-marin qui permettra d’établir une liaison numérique directe entre l’Irlande et l’Europe continentale, en reliant la première au Portugal. « Cette façade maritime atlantique aura également un atterrissage en France et en Espagne. C’est un investissement important pour les besoins de nos clients, car elle est cruciale pour connecter les différents continents : elle est l’entrée des contenus provenant des États-Unis vers l’Europe, et inversement, ainsi que vers l’Afrique », précise auprès de WanSquare Valérie Cussac, directrice générale d’Orange Wholesale International. Une route directe de 3 125 kilomètres, à très haut débit et ouverte à tous les opérateurs, qui va augmenter la connectivité et ouvrir de nouvelles perspectives commerciales, précise le groupe.
Les trois parties apporteront ainsi chacune leur savoir-faire. Equitix est en effet un spécialiste de l’investissement dans les infrastructures de petite et moyenne taille, tandis que MDM sera un partenaire opérationnel. Orange, de son côté, aura plusieurs casquettes. En tant que co-investisseur, forcément, mais aussi au travers d’Orange Marine, sa filiale spécialisée dans la pose et la maintenance des câbles, via sa propre flotte de navires câbliers. « Orange va par la suite opérationnaliser la mise en œuvre technique et commerciale du câble », ajoute Valérie Cussac, indiquant que plusieurs clients avaient d’ores et déjà anticipé l’achat de ses capacités. Les cibles visées sont les partenaires européens ou internationaux du groupe, dont les hyperscalers américains. Le système sera interconnecté aux systèmes transatlantiques et internationaux existants et permettra ainsi l’intégration des réseaux européens avec leurs partenaires mondiaux.
D’un pôle de data centers aux autres
Cette voie n’a pas été choisie par hasard : elle vise à répondre aux ambitions de l’Irlande en matière de connectivité numérique. Un sujet d’autant plus important à l’ère de l’intelligence artificielle. « L’Irlande est un pôle important de data centers, depuis plusieurs années. Ils étaient connectés à l’Europe continentale au travers de l’Angleterre, avant de rejoindre l’Europe, puis l’Europe du Sud par voie terrestre. Cette route alternative et complémentaire va ainsi apporter une forme de résilience et de sécurité pour la continuité des services, et bénéficiera aussi d’une meilleure latence – la voie terrestre impliquant des formes de rebonds », détaille Valérie Cussac. Cette alternative, qui permettra d’augmenter les capacités existantes, prend également tout son sens avec les multiples projets de data centers au Portugal et en Espagne, et évidemment en France.
Le financement du projet est porté par les trois co-actionnaires, ainsi que par une subvention européenne, à laquelle le consortium a candidaté. Pisces visant à soutenir les objectifs de la stratégie « Global Gateway » de l’Union européenne (UE) dans le domaine numérique, il va ainsi être appuyé par un financement important de l’UE au travers du programme Connecting Europe Facility (CEF), consacré au développement d’infrastructures numériques stratégiques. Le modèle de financement repose aussi notamment sur les engagements de clients prêts à acquérir des capacités sur ce câble.
Maîtriser l’ensemble
Si ce projet a eu de l’écho à l’échelon européen, c’est parce qu’il revêt une dimension importante pour l’autonomie du continent dans son adoption et son déploiement de l’IA. De sa conception (Alcatel Submarine Networks sera par ailleurs chargé de la production du câble) à sa maintenance, en passant par son déploiement, il est porté de bout en bout par des acteurs européens, qui ouvriront ainsi une nouvelle voie d’interconnexion directe entre les data centers et l’Europe continentale. « Le projet va nous offrir une bonne maîtrise de ce qui sera distribué à l’avenir dans nos data centers en Europe. La dynamique existant autour des données et de l’intelligence artificielle vient compléter la demande actuelle émanant du cloud. Elle exige déjà d’importantes capacités d’exécution de software informatique, qui va être enrichi d’IA pour répondre aux besoins croissants des entreprises. Ces usages en sont à leurs prémices, mais vont entrer dans l’équation de compétitivité de nos entreprises européennes. Ces nouvelles infrastructures numériques permettent, finalement, de les préparer à bénéficier du potentiel que ces technologies peuvent apporter », indique Valérie Cussac.
L’étude marine du tracé, qui a été menée par Elettra Tlc et Orange Marine, filiales du groupe, s’est achevée en août. Les travaux d’ingénierie et les procédures d’autorisation étant en cours, les préparatifs du déploiement avancent. Il est prévu en 2028.
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