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Artémis encaisse le chèque Puma / 1,5 milliard d'euros versés par Anta
Neuf mois après avoir acté sa sortie de Puma, les 1,5 milliard d'euros promis par Anta sont désormais dans les caisses d'Artémis. La holding patrimoniale de la famille Pinault, qui revendique 30 milliards d'euros d'actifs consolidés, de Kering à Christie's en passant par l'agence de talents américaine CAA, a finalisé ce 7 octobre la cession de l'intégralité de sa participation au capital de Puma au groupe chinois d'articles de sport. Les conditions suspensives étant toutes levées, 43 014 760 actions, soit 29,06 % du capital de l'équipementier allemand, ont changé de mains au prix fixé en janvier, 35 euros par titre. Le paiement, entièrement en numéraire, atteint 1 505,5 millions d'euros. L'opération est même bouclée plus tôt que prévu : Anta, qui finance l'achat sur sa trésorerie, visait une réalisation d'ici à la fin de l'année.
Cette sortie solde une participation que la holding n'était pas allée chercher. Les titres Puma lui avaient été attribués en mai 2018, lorsque Kering avait distribué en nature à ses actionnaires l'essentiel de ses actions de la marque au félin, en complément de son dividende ordinaire. Premier actionnaire de Kering, Artémis s'était ainsi retrouvée avec près de 29 % de Puma, une position de référence mais sans le contrôle. Or c'est précisément la maîtrise de ses participations qui guide désormais ses choix. L'opération doit lui permettre de « concentrer ses investissements sur les actifs dont elle détient le contrôle » et de « redéployer ses ressources de manière sélective », explique Artémis. Dans son portefeuille, Puma faisait figure d'exception à côté de Kering, dont elle détient 42,3 %, et de CAA, dont elle a pris 53 % en 2023 pour environ 3,5 milliards d'euros.
Le levier en toile de fond
Ce recentrage intervient aussi dans un contexte financier plus contraint. L’acquisition de CAA a fortement accru l’endettement d’Artémis, dont la dette standalone atteignait 7,1 milliards d’euros au 31 mai 2025, un niveau présenté par la holding comme temporaire et largement lié au financement de cette opération. Le coût de cette montée en puissance du levier s’était déjà fait sentir auparavant : les charges d’intérêts nettes étaient passées de 60 millions d’euros en 2023 à 227 millions en 2024. Parallèlement, les remontées de dividendes de Kering se sont nettement réduites avec la dégradation des résultats de Gucci. Artémis n’en a ainsi perçu que 314 millions d’euros au premier semestre 2025, contre 731 millions un an plus tôt. En septembre 2025, Bloomberg rapportait que la holding entendait réduire son endettement et éviter les grosses acquisitions. acquisitions.
À lui seul, le produit de la cession de Puma représente environ un cinquième des 7,1 milliards d’euros de dette standalone affichés par Artémis en mai 2025, dernier niveau rendu public. Le communiqué ne dit toutefois rien de l'affectation des fonds, ni du niveau d'endettement actuel.
Le pari d'Anta
Pour Puma, la cession ouvre désormais une nouvelle phase avec Anta. « Nous sommes fiers d'avoir accompagné PUMA au cours de ces huit dernières années », déclare François-Henri Pinault, président d'Artémis. Il souhaite aux équipes « beaucoup de succès dans la prochaine étape de leur développement ». Anta devient avec l'opération le premier actionnaire de Puma, comme il l'est déjà d'Amer Sports, propriétaire notamment d'Arc'teryx et Salomon. « Nous pensons que le cours de Bourse de PUMA au cours des derniers mois ne reflète pas pleinement le potentiel de long terme de la marque », estimait en janvier Ding Shizhong, président du conseil d'administration d'Anta. Il disait alors vouloir « soutenir la renaissance en cours de la marque ». Le groupe chinois excluait toute offre publique et entendait seulement obtenir une représentation adéquate au conseil de surveillance.
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