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Macro-économie / Taux

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Des entreprises européennes à court de marges de manœuvre financières / Cette pression qui gagne plusieurs secteurs

Après cinq années de chocs macroéconomiques, les entreprises européennes voient leurs marges de sécurité financière se réduire, indique un rapport du Boston Consulting Group (BCG). C’est ainsi que 16 % des revenus des entreprises étudiées en Europe occidentale sont désormais exposés à une forte pression financière, contre 14 % un an plus tôt.
Photo par MATT HIND/CAIA IMAGE/SCIENCE PHO / NEW / SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP
Photo par MATT HIND/CAIA IMAGE/SCIENCE PHO / NEW / SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP

Inflation persistante, taux d’intérêt élevés, énergie chère, demande atone, concurrence chinoise et incertitudes commerciales… autant de vents contraires que les entreprises européennes ont dû affronter au cours des dernières années. Dans une étude qui s’est intéressée à 1 700 entreprises cotées du Vieux Continent, le Boston Consulting Group (BCG) constate une dégradation continue de leur situation financière.

D’après le cabinet de conseil en stratégie, qui s’appuie sur un indice maison (TSS) qui contient plusieurs indicateurs financiers, 16 % des revenus des entreprises analysées sont associés à des sociétés sous pression (contre 14% un an plus tôt). Parmi elles, 7 % sont considérées comme soumises à une pression sévère ou à un risque de restructuration, contre 5 % l’année précédente.

L’étude revient notamment sur le niveau d'endettement des firmes. Depuis la création de l'indice TSS en 2023, le ratio moyen de dette nette sur EBITDA des entreprises étudiées a augmenté de 22 %. Et environ un tiers des entreprises passées au crible ont démarré l'année 2026 avec un ratio supérieur à 3, soit un niveau que le BCG décrit comme un seuil de tension financière. A noter que parmi elles, près d’un tiers dépassaient même un ratio de 5. Les faillites sont l’une des illustrations de ce phénomène. Elles ont ainsi augmenté de 9 % depuis le début de 2026 et se situent 39 % au-dessus de leur niveau d'avant-Covid, selon les données citées par le cabinet.

Deux types de pression sont distingués par l’indice du BCG. Celle qui a trait à la transformation, lorsque les premiers signes de fragilisation appellent des mesures d’optimisation, et celle concernant la restructuration, lorsque la dégradation des performances et la sous-capitalisation imposent des mesures structurelles.

La zone qui regroupe l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse figure parmi les régions où la pression est particulièrement visible. Dans le détail, dans la consommation, 20 % des entreprises sont concernées par un risque de restructuration. Dans l'automobile, la pression a augmenté de 16 points de pourcentage en un an, tandis qu'elle progressait de 14 points dans les matériaux. Du côté de la France, l'automobile et l'énergie enregistrent également de fortes hausses de la pression liée aux restructurations, respectivement de 36 et 20 points de pourcentage.

Au sein de la péninsule Ibérique c’est l'énergie qui est l'un des principaux facteurs de dégradation : la pression de transformation y a augmenté de 33 points dans le secteur.  Pour ce qui est des pays nordiques la pression s'est réduite dans l'énergie, les technologies-médias-télécoms et les services professionnels. Mais l'automobile a connu une hausse particulièrement marquée du risque de restructuration (53 points de pourcentage).

Parmi les secteurs étudiés, l'immobilier enregistre la plus forte détérioration. Concrètement, 62 % des entreprises immobilières européennes seraient soumises à une pression de transformation, soit une hausse de 50 points de pourcentage en un an. L'automobile fait également partie des secteurs fortement sous tension. 28 % des entreprises du secteur font face à une pression de restructuration, dans un contexte marqué par une demande faible, des surcapacités, les coûts de la transition vers le véhicule électrique et une concurrence accrue venue de Chine.

D’autre part, le rapport met en évidence un autre facteur de poids : la taille des entreprises. De fait, les sociétés réalisant moins de 5 milliards de dollars de chiffre d'affaires présentent un niveau de pression de restructuration environ deux fois supérieur à celui des entreprises dépassant ce seuil, en lien avec des marges moins importantes et des conditions de refinancement moins favorables.

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