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L’actionnariat salarié résiste au scénario du pire / Un avantage qui tient même en cas de krach

Eres a soumis pour la première fois l’actionnariat salarié du SBF 120 à un test de résistance. Résultat : les mécanismes de décote et d’abondement offrent un puissant amortisseur, tandis que le nombre de salariés actionnaires continue de progresser.
La salle de marché d'Euronext à Paris. (Photo by MUSTAFA YALCIN / ANADOLU / Anadolu via AFP)
La salle de marché d'Euronext à Paris. (Photo by MUSTAFA YALCIN / ANADOLU / Anadolu via AFP)

Pour qu'un salarié actionnaire du SBF 120 commence à perdre de l'argent sur sa souscription, il faudrait que le titre de son employeur perde plus de 66,5 %. Ce serait un choc plus violent que les reculs subis par le CAC 40 lors de l'éclatement de la bulle Internet en 2000 (65,43 %) ou de la crise des subprimes en 2008 (59,16 %). Ce test de résistance est la principale nouveauté de l'édition 2026 du Panorama de l'actionnariat salarié publié par Eres, spécialiste de l'épargne salariale et de la retraite.

Pour aboutir à ce résultat, Eres a repris les 394 opérations menées entre 2006 et 2020 et leur a appliqué une chute immédiate du cours, suivie de cinq années sans rebond. Trois mécanismes viennent amortir le choc : la décote moyenne de 17 % consentie à la souscription, un abondement de l'employeur simulé à 100 % et les dividendes perçus. Même après une baisse de 40 %, le gain moyen resterait supérieur à 60 %, contre environ 160 % sans choc. « La décote et l'abondement ne font pas disparaître le risque, et il faut le dire clairement. Ils repoussent toutefois très nettement le niveau de baisse à partir duquel le salarié commence à perdre de l'argent », explique Mathieu Chauvin, président d'Eres.


Un avantage qui se creuse avec le temps


Hors scénario de crise, ces mécanismes donnent déjà un net avantage au salarié actionnaire. Sur cinq ans, 1 000 euros placés lors d'une opération deviennent en moyenne 1 845 euros, décote et dividendes compris. Avec un abondement de 100 %, ils atteignent 3 479 euros, contre 1 557 euros pour un actionnaire ayant acheté le même titre au prix de marché. La proportion d'opérations gagnantes passe ainsi de 74 % pour ce dernier à 92 % pour un salarié abondé. L'écart se renforce encore avec la durée de détention. À onze ans, horizon proche de la durée moyenne observée, la mise atteint 2 638 euros, voire 4 925 euros avec abondement, contre 2 253 euros pour l'investisseur classique. La valeur moyenne détenue dans les fonds dédiés à l'entreprise atteint désormais 41 809 euros.


Moins d'opérations, plus d'actionnaires


Cette capacité à amortir les aléas boursiers s'inscrit dans un dispositif qui continue de se diffuser. Le SBF 120 a enregistré 40 opérations collectives en 2025, contre 44 en 2024, année record. Dans le même temps, le nombre de salariés actionnaires a progressé à 2,41 millions. Ils représentent désormais 36,6 % des effectifs, contre 35,2 % un an plus tôt, et détiennent en moyenne 3,08 % du capital de leur entreprise, contre 2,94 %. Les montants souscrits atteignent 3,81 milliards d'euros, au-dessus de la moyenne de la décennie pour la cinquième année consécutive, et ont presque doublé depuis 2015. « L'actionnariat salarié fonctionne par cycles : après une année 2024 exceptionnelle, 2025 marque un ralentissement ponctuel, sans remettre en cause la dynamique de fond », commente Mathieu Chauvin. Cette dynamique s'étend aussi à davantage de groupes : 69,2 % des sociétés de l'indice ont mené au moins une opération ces cinq dernières années, contre 56,7 % sur la période équivalente trois ans plus tôt.

Eres observe également un lien entre la place accordée à l'actionnariat salarié et la fidélisation des collaborateurs. Dans les entreprises où cette culture est très forte, le taux de démission s'établit à 5,1 %, contre 9 % lorsqu'elle est très faible. L'écart se retrouve dans l'ancienneté, qui atteint en moyenne 9,7 ans dans les premières, contre 7,2 ans dans les secondes. Ces résultats montrent une corrélation entre ancrage de l'actionnariat salarié et fidélité des collaborateurs, sans toutefois permettre d'établir un lien de causalité.

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