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Macro-économie / Taux

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France : inquiétude sur une potentielle fuite des cerveaux / Un coût non négligeable pour les finances publiques

En France, d’après l’IESF, 15 % des ingénieurs en activité travaillaient à l’étranger fin 2024, contre moins de 12 % deux ans plus tôt. Le baromètre Syntec - Ipsos bva rapporte que les perspectives de carrière jugées insuffisantes pourraient être l’une des causes.
Photo par MATT HIND/CAIA IMAGE/SCIENCE PHO / NEW / SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP
Photo par MATT HIND/CAIA IMAGE/SCIENCE PHO / NEW / SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP

La France ferait-elle face à une sévère fuite des cerveaux ?  D’après les données de l'association Ingénieurs et scientifiques de France (IESF), 15 % des ingénieurs en activité, soit environ 150 000 personnes, travaillaient à l’étranger fin 2024. Il semblerait que le phénomène ne soit pas en lien avec une accélération des départs après les études. De fait, le taux d’expatriation des jeunes diplômés reste stable, autour de 9 %. C’est donc au cours de leur carrière que les talents sont de plus en plus nombreux à aller chercher à l’étranger les opportunités professionnelles qu’ils ne trouvent pas, ou plus, en France, rapporte la deuxième édition du baromètre Syntec - Ipsos bva.

« Le paradoxe est préoccupant : nous investissons pour former des talents que nous peinons à retenir, tout en attirant des talents étrangers qui trop souvent ne restent pas en France. Face à une compétition mondiale accrue, notamment dans l’IA, nous devons passer du constat à l’action : rendre le travail qualifié plus attractif, faciliter l’installation des talents internationaux et investir dans les compétences. C’est notre capacité à attirer, former et retenir les meilleurs talents qui déterminera notre compétitivité », a déclaré Laurent Giovachini, président de la Fédération Syntec, insistant sur le fait que « la France a un besoin crucial d’ingénieurs, de chercheurs et de compétences technologiques ».

Les talents étrangers formés en France partent davantage que les Français (près de 27%). Le baromètre évoque un coût pour les finances publiques de près de 2 milliards d’euros par promotion expatriée « sur la seule base des frais pris en charge par les pouvoirs publics au titre des formations dispensées par l’enseignement supérieur ». Le chiffrage 2026, élargi aux masters et aux doctorants, double ainsi l’estimation réalisée en 2025 sur le seul périmètre des jeunes diplômés issus d’écoles d’ingénieurs et de commerce, peut-on lire.

On apprend aussi que les expatriés le restent souvent bien plus longtemps que prévu. En effet, une consultation menée auprès de 5 000 expatriés en 2020 révélait un séjour effectif moyen de 20 ans, pour 7 ans envisagés au départ) La France retient moins bien ses talents que ses concurrents : 33 % des étudiants internationaux sont encore en France 5 ans après leur arrivée, contre 52 % chez les champions de la rétention que sont le Canada ou l’Allemagne (OCDE). Un taux toutefois en progression (moins de 30 % sur les cohortes précédentes).

Comment enrayer ce mouvement ?  Les talents tiennent à ce que leurs compétences soient mieux valorisées. Parmi les raisons qui feraient rester ces talents sont évoquées : une hausse des revenus nets (43 %, +7 points vs 2025), de meilleures perspectives de carrière (37 %, +6 points) et une baisse de la fiscalité (32 %).

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