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Macro-économie / Taux

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France : cette autre bombe à retardement pour les finances publiques / La folle course des dépenses de santé

Si les retraites concentrent depuis des années l’attention du débat public, les dépenses de santé progressent plus rapidement et pourraient devenir l’un des principaux défis financiers de la prochaine décennie, alertent Rexecode et le groupe PRO BTP dans une étude.
Photo par JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

C’est l’un des sujets majeurs que la France devra prendre à bras-le-corps si elle compte redresser ses finances publiques.  Oui, les dépenses de retraite représentent la plus grosse part des finances publiques (un quart) mais les dépenses de santé (un cinquième) ont affiché une dynamique bien plus inquiétante sur les dernières années et il pourrait en être de même dans les temps à venir.

« A politique inchangée, les dépenses de santé augmenteraient de 1,4 point de PIB d’ici 2035, soit 42 milliards d’euros, alors que celles de retraite sont stabilisées à cet horizon », a expliqué Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, à l’occasion d’une conférence de presse. L’institut économique a réalisé une étude aux côtés du groupe Pro BTP visant à mesurer l’ampleur du défi pour les finances publiques de l’Hexagone. Vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques, coût des traitements… autant de facteurs qui font pression à la hausse sur le tendanciel.

Pour financer cette composante du modèle social, on entend souvent évoquer la nécessité de faire appel à davantage de prélèvements obligatoires, toutefois, cela paraît reculer pour mieux sauter. « Certes, une hausse de 1 point de la CSG permettrait de résorber l’entièreté du déficit de l’Assurance maladie pour 2026, mais il en faudra d’autres compte tenu du fait que les dépenses progressent plus vite que le PIB », souligne Olivier Redoulès. « Il faudrait une hausse d’un point tous les quatre ans pour compenser », calcule-t-il, faisant valoir que cette hausse d’impôt annihilerait 30% des gains salariaux réels projetés sur la période. « Et en pratique, si on augmente la CSG tous les quatre ans d’un point, il y aura des effets sur la croissance, il y aura des effets sur la quantité de travail, donc la réalité, c’est que le coût sera plus important », estime-t-il.

On peut imaginer que sortir par le haut de ce problème pourrait se faire par la croissance économique. « C’est la solution idéale, naturelle », a déclaré Gwenaëlle Poilon, directrice « prospective et stratégie » du groupe PRO BTP.  Reste que, « cette stratégie-là, au vu de l’ampleur et au vu de l’urgence, elle n’est pas suffisante », prévient-elle.

L’étude explique que pour financer les déficits de la branche maladie et les dépenses supplémentaires prévues jusqu’en 2035, il faudrait augmenter la quantité de travail d’environ 8 % à cet horizon. « Cela représente 2,5 heures de travail de plus par semaine ou une durée de vie active supérieure de 4 ans ou encore 2,4 millions de personnes en emploi en plus. C’est l’équivalent de 8 fois l’effet attendu en termes d’emplois créés de la mise en oeuvre de la réforme des retraites d’Élisabeth Borne ! », indique l’étude.

C’est ainsi que l’économiste juge nécessaire une réforme profonde et transversale du système de santé. « C’est à la fois, bien sûr, une question d’organisation des soins, de meilleure coordination des hôpitaux, revoir la planification des professionnels de santé, mais revoir aussi, peut-être, le contenu des actes médicaux », juge-t-elle.

Rexecode et le groupe paritaire vont publier des notes sur la question dans les mois à venir.

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