Macro-économie / Taux
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Climat : ce handicap auquel font face les entreprises / Le manque de données fiables fragilise leurs décisions
Les perturbations climatiques s’invitent dans les comptes de résultats des entreprises françaises. Un rapport réalisé par Sweep et Capgemini révèle que 91 % des dirigeants interrogés (200 sondés) déclarent avoir subi, au cours des deux dernières années, des pertes financières liées aux perturbations de leur chaîne d’approvisionnement provoquées par le changement climatique, et 21 % font état de pertes supérieures à un million de dollars.
Les perturbations climatiques interviennent dans un environnement déjà marqué par les tensions géopolitiques et l’incertitude économique. Les entreprises doivent composer avec des chaînes d’approvisionnement plus exposées aux aléas, alors même que les décisions concernant les achats, les investissements et la gestion des risques doivent être prises avec davantage de visibilité.
« La durabilité n’a pas disparu des priorités des entreprises, bien au contraire », déclare Rachel Delacour, cofondatrice et CEO de Sweep. « Les entreprises font face à un risque croissant : les perturbations climatiques et les tensions géopolitiques affectent les chaînes d’approvisionnement, les coûts et les décisions d’investissement à un rythme que les systèmes de données peinent à suivre ».
En France, 67 % des dirigeants interrogés estiment que leurs données de durabilité ne sont pas suffisamment fiables pour éclairer précisément la stratégie de leur entreprise. Ils étaient 53 % à le penser en 2024. Parmi les répondants de 2026, 26 % le déclarent de manière catégorique. Les informations restent notamment dispersées entre les différentes fonctions de l’entreprise, incomplètes ou insuffisamment standardisées. Cette situation complique leur utilisation à l’échelle de l’organisation, alors même que les données de durabilité prennent une place croissante dans les décisions.
Malgré ces difficultés, les dirigeants français interrogés continuent de considérer la transition bas carbone comme un enjeu économique. 80 % d’entre eux la voient comme une opportunité de croissance plutôt que comme un frein. Chez les directeurs de la durabilité, cette conviction est également largement partagée : 79 % estiment que leur entreprise doit se transformer pour réussir dans une économie bas carbone.
Pour les entreprises, la difficulté est de transformer cette ambition en décisions opérationnelles. C'est ainsi que l'étude indique que dans ce contexte, l’intelligence artificielle pourrait être un outil permettant d’exploiter plus efficacement les informations disponibles. En France, 75 % des dirigeants interrogés déclarent que l’adoption de l’IA a conduit à une augmentation des investissements liés à la durabilité. Parmi les bénéfices cités figurent une amélioration de la qualité et de l’auditabilité des données, un meilleur accès aux financements ainsi qu’une réduction du temps consacré à leur collecte et à leur traitement.
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