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Macro-économie / Taux

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PLF 2027 : pourquoi le gouvernement annonce un effort - qui paraît - massif / Un déficit pour 2026 qui part dans le décor et une méthodologie curieuse

L’exécutif aborde le budget 2027 avec une équation plus tendue qu’annoncée il y a peu. Après avoir révisé sa prévision de croissance pour 2026, il acte désormais une dégradation sensible du déficit par rapport à ce qui était escompté cette année. Cet effet de base défavorable relève mécaniquement l’effort à réaliser l'an prochain, effort également gonflé par une comptabilité qui pose question.
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par BASTIEN OHIER / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par BASTIEN OHIER / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Sébastien Lecornu dévoile un peu plus son jeu. A deux semaines de la présentation du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement pour la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, le Premier ministre a déclaré viser un déficit public équivalant à 5 % du Produit intérieur brut (PIB) l’an prochain. Un effort annoncé comme représentant 54 milliards d’euros.

D’où vient ce chiffre ? D’abord, il faut rappeler que d’après le gouvernement, à politique inchangée, le déficit public devrait s’établir à 6,5 % du PIB en 2027. Un montant qui a de quoi surprendre alors qu’une mission menée par quatre économistes, dont les résultats ont été dévoilés en juillet, estimait à 5,9 % du PIB le déficit public tendanciel en 2027. Ramener le déficit à 5 % l’an prochain supposait donc de réaliser un effort d'à peu près 27 milliards d’euros (0,1 point de PIB vaut environ 3 milliards d’euros). Le hic est que l'hypothèse de travail du rapport était que la cible de déficit public de cette année serait tenue, à 5 % (après 5,1 % en 2025 et 5,8 % en 2024). Or, hier soir, Bercy a annoncé que l’exécutif prévoyait désormais un déficit public de 5,4 % du PIB pour 2026. Ses déterminants ne sont guère étonnants.

Depuis le début de l’année, le gouvernement a révisé sa prévision de croissance en volume de 1 % à 0,5 %, ce qui se traduit par un creusement du solde public d’environ 0,3 point de PIB (moins de recettes publiques perçues). D’autre part, la hausse des taux et la hausse de l’inflation (du fait des obligations indexées) devraient renchérir la charge de la dette publique d’un peu plus de 0,1 point de PIB. Tendanciellement, le déficit public de 2027 se dégraderait ainsi de 1,1 point de PIB par rapport à la cible actualisée de 2026. « On peut les décomposer schématiquement en 1,9 % de PIB de dépenses en plus et environ 0,8 % de PIB de recettes supplémentaires », explique-t-on au ministère de l’Economie et des Finances. Si cela n'a pas été précisé par Bercy, il apparaît vraisemblable que la charge d'intérêts prévue pour 2027 ait été révisée à la hausse ce qui fait pression à la hausse sur le tendanciel.

Pour passer de 6,5 % du PIB à la cible du gouvernement (différentiel de 1,5 point de PIB), il faudrait donc un effort d’un peu plus de 45 milliards d’euros. Pourquoi Sébastien Lecornu évoque-t-il alors un ajustement de 54 milliards ?

Pour des raisons qui restent à éclaircir, le Premier ministre a choisi de communiquer en excluant de ce quantum les nouvelles dépenses militaires prévues en 2027. Cela lui permet en tout cas de gonfler facialement l’effort de redressement des comptes publics, parlant d’une cible de déficit à 4,8 % (le différentiel avec 6,5% vaut 54 milliards d'euros) si elles n’étaient pas mises en œuvre. « Il faudra de plus en plus distinguer les dépenses civiles ordinaires, des investissements de défense, qui à certains égards sont « de la bonne dépense publique ». Les marchés financiers le font déjà. Je tiens à rappeler que, sans l’augmentation des 30 milliards d’euros des moyens de notre Défense depuis 2017, nous serions à 4 % de déficit », a-t-il déclaré au Figaro.

Pour mémoire, en comparant simplement le déficit public tendanciel à la cible (c'est-à-dire sans exclure aucune nouvelle dépense), le Premier ministre François Bayrou avait remanié le budget proposé par le Premier ministre Michel Barnier pour que la France réalise un effort de 1,4 point de PIB en 2025 (2 points proposés par Michel Barnier). Pour 2026, Sébastien Lecornu avait repensé le budget imaginé par François Bayrou avec un effort de 1,1 point de PIB (1,5 point proposé par François Bayrou).

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