Macro-économie / Taux
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Les Français ont dû mal à s’y retrouver en économie / Ces difficultés pour appréhender les concepts
À première vue, l’intérêt des Français pour l’économie résiste. 62 % déclarent s’y intéresser, contre 66 % en 2017. Toutefois, cela cache une certaine polarisation : la part des Français « très intéressés » progresse de quatre points, à 17 %, tandis que celle des « pas du tout intéressés » passe de 6 % à 10 %. Au total, 38 % restent à distance de ces sujets. C’est ce que nous apprend une étude de l’Ifop pour l’Institut de l’Entreprise.
Dans le détail, chez les moins de 35 ans, 53 % seulement se déclarent intéressés, tandis que chez les femmes, le quantum atteint 47 %. L’intérêt varie également fortement avec le niveau de diplôme et le niveau de vie : il atteint 77 % chez les diplômés des deuxième et troisième cycles, contre 52 % chez les non-diplômés, et 81 % dans les catégories aisées contre 43 % parmi les catégories les plus modestes.
L’âge est aussi une variable cruciale. L’intérêt progresse nettement avec les générations, de 50 % chez les 18-24 ans à 70 % chez les 65 ans et plus. Cette progression ne signifie toutefois pas que les générations les plus âgées se sentent nécessairement mieux armées pour comprendre l’économie.
L’étude met également en lumière un autre enjeu d’importance alors que la France doit redresser ses comptes publics dans les années à venir. Les grands concepts économiques sont largement identifiés : entre 76 % et 84 % des Français disent avoir au moins entendu parler des six notions testées (dette publique, déficit, budget de l’État, PIB, marché du travail et impôt sur les sociétés).
Le problème est que la capacité à les expliquer précisément est beaucoup plus limitée. Moins d’un Français sur dix estime pouvoir expliciter « clairement et en détail » chacune de ces notions. La dette publique est celle que les répondants déclarent le mieux connaître, à 50 %, devant le déficit (48 %), le budget de l’État (44 %), le PIB (41 %), le fonctionnement du marché du travail (39 %) et l’impôt sur les sociétés (32 %). Au total, 67 % des Français considèrent bien connaître au moins un des sujets proposés. Mais 84 % reconnaissent également avoir au moins une lacune.
Le second volet de l’enquête confronte cette connaissance supposée à six questions factuelles. Le résultat est nettement plus modeste : les Français obtiennent en moyenne 2,2 bonnes réponses sur six, soit l’équivalent de 7,3/20 dans une notation scolaire. 14 % ne donnent aucune bonne réponse.
Le niveau de vie constitue le principal facteur de différenciation : les catégories aisées et les classes moyennes supérieures obtiennent en moyenne 2,4 bonnes réponses, contre 1,9 pour les catégories les plus modestes. En revanche, les écarts observés dans le sentiment de maîtrise selon le sexe, la catégorie socioprofessionnelle ou le diplôme se retrouvent beaucoup moins dans les résultats aux questions factuelles.
Dans le détail, le salaire net médian est le repère le mieux identifié : 48 % choisissent la bonne réponse, 2 200 euros, tandis que 42 % le situent à 1 700 euros. La question du coût total d’un salarié payé 2 200 euros net apparaît davantage source de confusion. Seuls 17 % identifient le coût employeur de 3 700 euros. 53 % le sous-estiment et 30 % le surestiment ; parmi ceux qui le sous-estiment, 14 % assimilent directement le salaire net au coût complet pour l’employeur.
Sur les finances publiques, seuls 26 % évaluent correctement l’ordre de grandeur du déficit de l’État rapporté à ses recettes : 40 %, soit 140 euros dépensés pour 100 euros encaissés. Une majorité de 56 % le situe à 20 % ou moins. Les représentations des principaux postes de dépense diffèrent également de leur poids réel. La défense est citée en premier par 35 % des répondants et par 54 % au total, tandis que les retraites ne sont citées en premier que par 23 %.
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