Macro-économie / Taux
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Fed : Kevin Warsh contrarie les plans de Donald Trump / Une première hausse de taux qui ne devrait pas être la dernière
Donald Trump a dû fulminer à l’annonce de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux d’intérêt. Alors que le locataire de la Maison Blanche milite ardemment pour des baisses de taux, pour la première fois depuis 2023, le Comité de politique monétaire (FOMC) de l’institution de Washington a choisi de les relever. L’accroissement de 25 points de base les fait ainsi évoluer dans une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %.
« Le fait est simple : l’inflation est trop élevée et elle le reste depuis trop longtemps », a déclaré Kevin Warsh, président de la Fed, à l’occasion de sa conférence de presse. Le banquier central a indiqué que sur douze mois, l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE, indicateur suivi par la Fed) devrait avoir progressé de 3,6 % en août. Pour mémoire, la Fed a un objectif d'inflation à 2%.
« Trop de catégories [de biens et services, ndlr] enregistrent encore des hausses supérieures à 3 %, aussi bien sur six mois que sur douze mois », a-t-il fait valoir. « Comme je l’ai indiqué lors du symposium de politique monétaire de Jackson Hole, il me serait difficile de qualifier les conditions financières générales de restrictives. Cette opinion était largement partagée au sein du Comité. Nous avons donc retiré une dose de soutien monétaire », a indiqué Kevin Warsh.
Et les perspectives se sont aggravées depuis la dernière réunion du FOMC. Ses membres estiment que les aléas entourant l’inflation sont haussiers et ont revu à la hausse leurs prévisions concernant celle-ci (seul Kevin Warsh ne s’est pas prêté au jeu). À propos de la progression annuelle de l’indice PCE, la projection médiane est de 3,7 % pour 2026, 2,3 % pour 2027, 2,1 % pour 2028 et 2 % en 2029, contre respectivement 3,6 %, 2,3 % et 2 % précédemment (il n’y avait pas de prévision pour 2029 la dernière fois). « J’ai souligné à Jackson Hole que l’évolution globale des prix des matières premières devait également faire l’objet d’une surveillance attentive - et, au cours de la période inter-réunions, les prix de nombreux intrants essentiels ont augmenté » a indiqué Kevin Warsh.
Dans ce contexte, s’il apparaît prématuré de parler d'amorce d’un nouveau cycle de resserrement monétaire, il ne l’est toutefois pas de présumer que ce ne sera pas la dernière hausse de taux. En effet, les membres du FOMC s’attendent à un nouveau tour de vis à hauteur de 25 points de base d’ici la fin de l’année. Puis, il n’y aurait pas de diminution en 2027 contrairement à ce qui était escompté auparavant, les taux étant prévus comme inchangés. Si baisse il devait y avoir, elle interviendrait en 2028 (projection médiane à 3,9 % en fin d’année) avant une autre baisse en 2029 (projection médiane à 3,6 % en fin d’année).
Après la conférence de presse de Kevin Warsh, les taux d’intérêt américains à deux ans, proxy des anticipations de politique monétaire, ont grimpé de 7,5 points de base, à 4,74 %.
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