Macro-économie / Taux
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France : l’Insee sabre sa prévision de croissance pour 2026 / Un second semestre poussif
Une France au ralenti. Sa croissance économique devrait s’établir à 0,4% cette année, selon la dernière prévision de l’Insee, qui l’a révisée à la baisse de 0,3 point par rapport à ses projections de juin. Pour mémoire, le gouvernement anticipe une hausse de 0,7% du Produit intérieur brut (PIB) pour 2026. Cette révision s’inscrit dans un contexte où l’activité économique française a, contrairement à ce que l’on attendait, reculé au premier semestre (-0,2% entre janvier et mars puis 0% au deuxième trimestre). Et l’Insee s’attend à ce qu’elle progresse de 0,1% au troisième trimestre puis de 0,2% entre octobre et décembre.
Après le décrochage provoqué par le déclenchement de la guerre au Proche-Orient, les indicateurs de conjoncture se sont progressivement redressés, rapporte l’institut statistique. L’industrie manufacturière connaîtrait un passage difficile à l’été, avec une baisse de 0,6 % de l’activité, avant un rebond en fin d’année. Plusieurs facteurs devraient jouer favorablement : redémarrage des raffineries après leurs opérations de maintenance, amélioration de la production sur les sites affectés par les fortes chaleurs et ralentissement du recul de l’industrie automobile. L’aéronautique devrait également retrouver de la vigueur après un trou d’air estival. Dans les services marchands, la croissance pâtirait d’une demande intérieure toujours peu dynamique.
En effet, le comportement des ménages reste l’un des principaux freins à l’économie française. Leur confiance s’est légèrement redressée depuis son point bas de mai, mais demeure nettement inférieure à sa moyenne de longue période. Dans un contexte de baisse du pouvoir d'achat liée à la forte hausse des prix de l'énergie, la consommation progresserait ainsi de seulement 0,3 % au troisième trimestre avant de stagner en fin d’année. Les achats de biens seraient soutenus à l’été par les dépenses d’énergie liées au rafraîchissement des logements et par une nouvelle hausse des achats de véhicules, notamment électriques, tandis que l'hébergement-restauration, les loisirs et autres dépenses arbitrables devraient connaître plus de problèmes.
L’autre faiblesse majeure de l’économie française vient de l’investissement. Celui des ménages, après deux trimestres de baisse, se stabiliserait à l’été avant de repartir légèrement à la baisse en fin d’année. Le marché immobilier ancien reste pénalisé par la hausse attendue du coût du crédit et par la diminution des transactions. Les dépenses d’entretien et d’amélioration des logements en subissent les conséquences, tandis que les programmes immobiliers neufs déjà engagés permettent encore à la construction de résister.
Du côté des entreprises, le constat est encore plus morose. L’investissement reculerait de 0,6 % au troisième trimestre avant de se stabiliser au quatrième. Le coût du crédit et la faiblesse de la demande continuent de décourager les projets. Sur l’ensemble de l’année, l’investissement des entreprises diminuerait de 0,3 %, après avoir augmenté de 0,7 % en 2025.
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