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Macro-économie / Taux

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Retraites : l’Europe face à un déficit de préparation / L’épargne privée peine encore à prendre le relais

Le vieillissement démographique va mettre sous pression les systèmes de retraite européens dans les prochaines décennies. Pourtant, malgré une inquiétude largement partagée sur leur niveau de vie futur, les ménages restent peu nombreux à avoir recours à l’épargne retraite privée. Une étude du Boston Consulting Group menée auprès de plus de 6 000 Européens met en lumière un marché encore largement sous-développé.
Photo par MATTEO DELLA TORRE / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Photo par MATTEO DELLA TORRE / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Les Européens jugent que leur retraite sera moins généreuse, mais ils épargnent pourtant peu pour y faire face. En lien avec le vieillissement démographique, d’ici à 2045, le ratio entre actifs et retraités devrait passer d’environ trois actifs pour un retraité aujourd’hui à moins de deux. Dans le même temps, le taux de remplacement des retraites publiques liées aux revenus devrait diminuer en moyenne de quatre points dans l’Union européenne, passant de 45 % en 2022 à 41 % en 2045.

Face à cette perspective, l’épargne privée pourrait théoriquement jouer un rôle croissant. Mais elle reste encore marginale dans de nombreux pays européens. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude publiée par le Boston Consulting Group (BCG), réalisée en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne auprès de plus de 6 000 personnes. Selon les données citées par le BCG, seuls 18 % des consommateurs européens détiennent un produit de retraite individuel.

C’est ainsi que 80 % des personnes disposant de moins de 250 000 euros d’actifs financiers et immobiliers déclarent ne pas se sentir suffisamment préparées pour leur retraite. Même parmi les ménages disposant d’un patrimoine supérieur, près de la moitié expriment cette crainte.

Le frein ne semble pourtant pas être uniquement financier. La connaissance des dispositifs d’épargne retraite reste limitée : parmi les répondants considérés comme les plus susceptibles d’y recourir, seuls 54 % savent que des solutions privées existent. Une fois informés de leurs caractéristiques, les moins de 65 ans interrogés déclarent qu’ils pourraient consacrer en moyenne dix points de pourcentage supplémentaires de leur épargne à leur retraite.

Le problème serait donc aussi celui du passage à l’action. Plus de 90 % des répondants se disent intéressés par un contact avec un conseiller en retraite à certains moments clés de leur vie. Pourtant, plus de quatre personnes sur cinq ayant déjà échangé avec un professionnel sur un produit de retraite affirment avoir elles-mêmes pris l’initiative.

Les habitudes d’information évoluent par ailleurs rapidement. Deux tiers des personnes interrogées recherchent elles-mêmes des informations sur leur retraite en ligne ou via l’intelligence artificielle. Chez les moins de 35 ans, le recours à l’IA générative dépasse même celui aux conseillers professionnels pour leurs premières réflexions sur le sujet.

Cette évolution pourrait accélérer la transformation du marché, mais elle pose aussi la question de la confiance. Parmi les personnes insatisfaites de leurs échanges avec des conseillers, 40 % citent le manque d’impartialité comme première source de mécontentement.

Les quatre pays étudiés présentent toutefois des situations très différentes. En France, les actifs d’épargne retraite privée atteignaient 317 milliards d’euros en 2025, après la création du Plan d’épargne retraite par la loi Pacte. En Allemagne, le marché est nettement plus important, avec 1 540 milliards d’euros en 2024, tandis que l’Italie et l’Espagne comptaient respectivement 243 et 163 milliards d’euros.

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