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Macro-économie / Taux / trésor éco

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Ce très coûteux numérique pour la France / Il explique une partie du décrochage de la productivité hexagonale

Un écart qui dure depuis si longtemps qu’on en vient presque à penser qu’il est irrémédiable. Le différentiel entre la croissance de la productivité horaire en France et aux États-Unis est à la fois conséquent (0,6 point) et durable puisque s’étalant sur la période allant de 1997 à 2019. Une étude publiée par la direction générale du Trésor attribue la totalité de cette tendance à une productivité plus faible au sein des secteurs numériques comprenant à la fois l’électronique et les services numériques.
Cables. Photo par FRED TANNEAU / AFP
Cables. Photo par FRED TANNEAU / AFP

Un coupable tout trouvé. Quand bien même les différents secteurs producteurs de technologies numériques pèsent pour moins de 10 % de la valeur ajoutée française et américaine, l’essor de la productivité associée aux États-Unis ces trois dernières décennies explique l’avance prise par le pays dirigé par Donald Trump. Tout ne serait pas perdu pour autant et une série de politiques sont déjà à l’œuvre, considèrent les auteurs d'une note élaborée sous la responsabilité de la direction générale du Trésor.

D’autant plus que la productivité française semble avoir progressé plus rapidement que la productivité américaine dans l’ensemble de l’économie, à l’exception, donc, des technologies numériques. C’est là que le bât blesse avec des secteurs producteurs et utilisateurs intensifs de technologies numériques qui contribuent à cet écart à hauteur de 0,8 point par an, pour un différentiel final de 0,6 point. L’émergence de l’IA est appréciée à la fois comme pouvant résorber ou bien au contraire creuser cet écart.

 

Ordre de bataille

 

L’adoption des nouvelles technologies numériques est en effet étroitement liée à la productivité des secteurs intensifs numériquement parlant. Tout retard comblé ou, au contraire, accumulé par la France aura des incidences immédiates pour ce qui représente près d’un tiers du PIB de chaque côté de l’Atlantique. Pour l’heure, les auteurs se cantonnent à constater que dans l’Hexagone « le taux d’adoption de l’IA pour un usage professionnel varie significativement selon les sources, reflétant des méthodologies différentes. » Les données à leur disposition « suggèrent un taux d’environ 18 % des entreprises françaises (de 10 salariés ou plus, hors secteur financier) utilisant l’IA en 2025, un niveau proche de la moyenne européenne (20 %) et similaire à celui des États-Unis (18 % selon le Census Bureau). » Tandis que la BEI considère plutôt que « l’UE serait au niveau des États-Unis sur l’utilisation de l’IA générative (37 % d’entreprises utilisatrices contre 36 %), mais la France aurait du retard en la matière (24 %). »

Listant les différentes mesures de politique publique, la note constate qu’elles remontent en France à 2018 et peuvent dorénavant s’appuyer sur le paquet de mesures sur la souveraineté technologique européenne proposé par la Commission européenne en juin dernier. Un ensemble considéré comme à même de rendre possible l’apparition d’acteurs européens de premier plan concomitamment à celle de fournisseurs européens pour les activités numériques. Pour les auteurs, la clé réside dans la prise en compte d’un compromis « entre adoption et production, les bénéfices de l’adoption pouvant être moindres si elle est limitée à des produits locaux de qualité inférieure. »

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