Macro-économie / Taux
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Le cuivre progresse en attendant le verdict sur les droits de douane américains / Les flux se dirigent massivement vers les Etats-Unis
Une situation exceptionnelle qui mettra du temps à se dénouer. Les calculs d’Alice Fox, stratégiste matières premières chez Macquarie Group, établissent que les gigantesques stocks de cuivre constitués ces derniers jours, semaines et mois aux Etats-Unis ne vont pas pouvoir être absorbés immédiatement. Loin de là, puisqu’il faudrait aujourd’hui 19 mois pour que ce soit le cas quand bien même les importations s’arrêteraient du jour au lendemain.
Pour l’heure, l’incertitude autour d’une décision à venir sur les droits de douane joue pleinement et l’experte considère que des nouveaux sommets sont envisageables pour les cours « tant qu’aucune décision claire n’est prise par l’administration américaine. » Le plus déroutant est que l’inverse semble aussi possible puisque dans l’hypothèse où les droits de douane ne seraient pas instaurés, une correction brutale est à attendre ainsi qu’un retour des prix vers les fondamentaux de marché.
Accumulation
L’attente autour d’une évolution de l’autre côté de l’Atlantique a nécessairement des répercussions sur les autres géographies. Ole Hansen, Head of Commodity Strategy chez Saxo Banque, explique qu’une distorsion géographique se produit avec des stocks en dehors des Etats-Unis qui sont largement réduits ces dernières semaines. Une dynamique qui a conduit à ce que « la diminution des stocks dans les entrepôts de London Metal Exchange ait fait dépasser largement le coût des métaux pour la livraison immédiate bien au-dessus des prix des livraisons futures. »
Pas de quoi induire pour autant qu’il y a une insuffisance de cuivre sur la planète, il s’avère en effet que chez Saxo Banque on met au contraire en avant « certaines prévisions [qui] indiquent encore un excédent mondial de métaux raffinés cette année. » alors même que des vents contraires tels que des perturbations dans le bon fonctionnement de certaines mines ou fonderies et d’une demande qui augmente continuellement. L’optimisme associé à l’importance du métal pour la transition énergétique n’est cependant pas partagé par tous, à commencer par Alice Fox, laquelle explique que « la demande de cuivre liée aux data centres pourrait être surestimée, compte tenu des retards de construction et de la baisse progressive de l’intensité en cuivre des nouvelles technologies. »
Peur
D’autres observateurs tels que les équipes de Global Sovereign Advisory (GSA) s’attardent sur les menaces à plus long terme pour le marché mondial du cuivre. Reprenant les données de l’Agence internationale de l’énergie, il semble que « 60 à 90 % des ressources actuellement identifiées pourraient être épuisées d’ici 2050, faisant peser un risque de pénuries dès la fin de la décennie. » De quoi redessiner le paysage d’autant plus que la demande émanant de la Chine « qui représentait encore 60 % de la consommation mondiale en 2024, verrait sa part chuter à 35 % en 2050 avec le ralentissement des secteurs de la construction et de l’industrie»
Tandis que d’autres géographies prendraient le relais et que l’attention de Washington pourrait bien se tourner vers un autre cheval de bataille. Les équipes du spécialiste du conseil souverain expliquent que le recyclage pourrait bien faire partie, de quoi diminuer la dépendance américaine de près 45 % aux importations de cuivre raffiné.
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