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Macro-économie / Taux

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REF 2026 : les candidats à la présidentielle face au casse-tête du coût du travail / Baisse des cotisations, hausse du SMIC : les grandes lignes de fracture

Réunis par le Medef autour de la question du coût du travail, sept candidats à l’élection présidentielle ont exposé des réponses radicalement différentes : baisse des cotisations, hausse des salaires, réforme du financement de la protection sociale ou réduction des dépenses contraintes. Tous ou presque ont reconnu une même difficulté : comment mieux rémunérer le travail sans fragiliser les comptes sociaux ?
Photo par THOMAS SAMSON / AFP
Photo par THOMAS SAMSON / AFP

Le coût du travail divise. A l’occasion de la Rencontres des entrepreneurs de France (REF) organisées par le Medef, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Marine Le Pen, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal, Marine Tondelier et Bruno Retailleau, sept candidats à la présidentielle, ont confronté leurs propositions sur un sujet central pour les entreprises comme pour les salariés.

Pour Gabriel Attal, la priorité est de redonner du pouvoir d’achat aux actifs en diminuant les charges salariales. L’ancien Premier ministre décrit une France où les classes moyennes ont le sentiment de supporter une part croissante de l’effort collectif. « C’est la classe moyenne qui bosse et qui a le sentiment qu’on lui demande toujours plus d’efforts », affirme-t-il, dénonçant un « mouvement social en France qui ne dit pas son nom ». Gabriel Attal veut aussi déplacer le débat vers la productivité. « Ce qui fait la progression durable des salaires dans une économie, c’est l’innovation et la productivité », estime-t-il. Il cite notamment l’intelligence artificielle et la robotisation comme des leviers capables, à terme, de soutenir les rémunérations.

Jean-Luc Mélenchon récuse, lui, l’idée de prendre les États-Unis comme modèle cités par Gabriel Attal. « Les États-Unis n’ont pas de leçons à nous donner. Leur système social est pitoyable », lance-t-il. Sur le pouvoir d’achat, sa position est qu’il faut augmenter le SMIC. Selon le candidat, la hausse des rémunérations est indispensable au maintien de la consommation populaire, qu’il présente comme un moteur essentiel de l’économie. Il rejette également une approche consistant à considérer de la même manière petites et grandes entreprises. Et concernant les coûts qui pèsent sur les entreprises, il élargit le sujet à l’énergie et à la politique industrielle, critiquant notamment les choix nucléaires du pays.

Édouard Philippe insiste sur un point précis : le coût du travail français devient particulièrement pénalisant pour les emplois qualifiés. « À partir de 2,5 fois le SMIC », explique-t-il, la France souffrirait d’un différentiel important avec l’Allemagne, notamment dans l’industrie. Pour lui, cette situation dépasse la seule question de la compétitivité. « C’est un problème économique énorme. Mais plus que ça, c’est un problème démocratique énorme », affirme-t-il. L’ancien Premier ministre met en avant l’évolution du pouvoir d’achat et de la productivité sur plusieurs décennies. Selon lui, la progression sociale promise par l’économie de marché s’est considérablement ralentie, au point que les perspectives d’ascension deviennent de plus en plus faibles pour les salariés les moins rémunérés. Édouard Philippe défend aussi l’idée de rapprocher le brut du net, mais pose une limite : les cotisations financent la protection sociale. Sa solution passe par une réduction et une meilleure maîtrise de la dépense sociale, mais aussi par un élargissement du financement de la protection sociale afin qu’il ne repose pas principalement sur le travail.

Raphaël Glucksmann partage le diagnostic d’un travail insuffisamment rémunérateur, ajoutant que cette situation constitue « une menace sur la démocratie ». Mais il refuse que la hausse du revenu disponible passe par une remise en cause de la protection sociale. Il exclut également une nouvelle hausse de la dette. Son idée : diminuer la CSG pesant sur les salaires et financer cette mesure par une contribution accrue des plus hauts patrimoines. Le candidat veut par ailleurs élargir le débat aux conditions de travail et à la représentation des salariés dans les entreprises, citant le modèle allemand comme exemple. Pour lui, mieux rémunérer le travail ne suffit pas : les travailleurs doivent aussi être davantage reconnus dans l’entreprise.

Bruno Retailleau propose une rupture plus radicale avec le système actuel. « Notre problème, c’est qu’on a un système qui surtaxe le travail et qui encourage trop souvent l’assistanat », affirme-t-il. Son dispositif repose sur un allègement des charges dès la première heure travaillée, puis sur une exonération totale au-delà d’un certain seuil horaire. « À partir de ce seuil-là, il n’y a zéro cotisation. Ni salariale, ni patronale. Zéro », promet-il. En contrepartie, le candidat LR veut durcir les règles concernant les prestations sociales. Il souhaite notamment plafonner à 70 % le total des prestations versées, tout en maintenant une distinction avec l’assurance chômage, qu’il considère comme assurantielle.

Marine Tondelier a tenté de renverser la perspective. « Le coût du travail, c’est un coût pour les entreprises, mais c’est aussi le revenu des Français », rappelle-t-elle. Elle met en garde contre une baisse mécanique des cotisations, soulignant qu’une partie de ce qui sépare le salaire brut du salaire net constitue du « salaire différé » : retraite, protection sociale et autres droits futurs. La candidate écologiste insiste surtout sur la situation des travailleurs pauvres et propose de porter le SMIC à 2 000 euros brut. « C’est ça qu’il y a derrière le coût du travail », martèle-t-elle, en dénonçant également une répartition de la valeur qu’elle juge déséquilibrée entre donneurs d’ordre, sous-traitants et salariés.

Marine Le Pen se montre plus prudente sur une nouvelle baisse des charges. « Aujourd’hui, dans la situation budgétaire dans laquelle nous sommes, on ne peut pas faire baisser le coût du travail au-delà de ce qui a été fait », estime-t-elle. Elle rappelle l’ampleur des exonérations de cotisations patronales et considère que les marges de manœuvre budgétaires sont limitées. Sa priorité immédiate porte donc sur les dépenses qui pèsent directement sur les ménages et les entreprises. Elle a cité l’énergie et propose de faire passer la TVA sur l’ensemble de l’énergie de 20 % à 5,5 %, avant de chercher à rétablir un prix de production français de l’électricité. Marine Le Pen rejette en revanche la TVA sociale, qui, selon elle, pénaliserait les retraités, les chômeurs et les jeunes sans emploi.

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