Macro-économie / Taux
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REF 2026 : des candidats à la présidentielle qui s’écharpent sur la dette / Désaccords sur les causes et les remèdes à apporter
Le débat organisé aux Rencontres des entrepreneurs de France (REF) par le Medef entre sept candidats à l’élection présidentielle a démarré en fanfare sur l’épineuse question des finances publiques. Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Marine Le Pen, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal, Marine Tondelier et Bruno Retailleau se sont opposés sur la dette, les dépenses sociales, les retraites et le rôle de l’État.
Jean-Luc Mélenchon a ouvert le débat en défendant bec et ongles le rôle de l’État et la légitimité de la dépense publique. « Il faut cesser de décrier notre État », a-t-il lancé, déclarant que la dépense française est dans la moyenne européenne et que le salaire des fonctionnaires a reculé de 6 points dans le PIB en 20 ans. Pour lui, la quasi-totalité de la dépense de l’État est redistribuée sous forme d’investissements ou de fonctionnement. « Si nous supprimons toutes les aides aux entreprises, le déficit de l’État disparaît", a-t-il lancé, s’appuyant sur les chiffres de la commission d’enquête sénatoriale dont le rapporteur était le communiste Fabien Gay, qui évoque 120 à 210 milliards d’aides annuelles, alors que le déficit public s’élève à 150 milliards. L’ancien député a aussi abordé la question de la dette, proposant de s’attaquer à la dette française auprès de la BCE, qu’il qualifie de « dette à nous-mêmes ». Récemment, il a proposé de l’annuler.
Edouard Philippe a réagi aux propositions du leader de La France Insoumise (LFI), les qualifiant de « dangereuses ». « Expliquer à nos partenaires que nous n’allons pas respecter des règles dont nous sommes convenus en commun, c’est prendre le risque de finir interdit bancaire », a-t-il averti, rappelant le cas grec. Pour lui, la dette est un sujet « extrêmement sérieux » et la France doit tenir ses engagements. Le maire du Havre a aussi pointé du doigt la dépense sociale, bien plus élevée en France que chez ses voisins, notamment sur les retraites. « Nous dépensons 3 points de PIB de plus que l’Allemagne pour les retraites », a-t-il souligné, prônant un allongement de la durée de travail pour préserver le modèle social. « Tous les pays d’Europe, de droite ou de gauche, ont eu le courage de dire qu’il fallait travailler plus longtemps », a-t-il rappelé, tout en insistant sur la nécessité d’adapter cette réforme aux réalités des métiers et des individus.
Marine Le Pen a, elle, mis l’accent sur la réduction du train de vie de l’État. « Le premier qui doit faire un effort, c’est l’État », a-t-elle martelé, proposant 125 milliards d’économies, notamment en supprimant des agences inutiles, en réduisant la contribution française à l’Union européenne et en limitant l’impact de l’immigration sur le système de protection sociale. Sur les retraites, elle a défendu une réforme basée sur l’augmentation du taux d’emploi, notamment chez les jeunes, plutôt que sur un relèvement de l’âge légal. « Le premier emploi effectif chez les jeunes, c’est 27 ans. C’est considérable », a-t-elle déploré, proposant un système incitatif pour les jeunes actifs et les seniors souhaitant continuer à travailler.
De son côté, Gabriel Attal a fixé un cap : revenir sous les 3 % de déficit en 2032 et à l’équilibre en 2037. Pour y parvenir, il mise sur la rationalisation des dépenses sociales, qui représentent la majorité de la dépense publique. Sur les retraites, l’ancien Premier ministre a critiqué le système actuel par répartition, jugé non soutenable démographiquement. « Si on devait en bâtir un aujourd’hui, on ne ferait pas un système par répartition, mais par capitalisation », a-t-il affirmé, proposant un système universel basé sur la durée de cotisation et un pilier de capitalisation.
Raphaël Glucksmann a pointé du doigt la désindustrialisation des années 80-90 comme cause structurelle de la dette. « Elle vient de ce que nous ne produisons pas assez de richesses et de biens manufacturés », a-t-il expliqué, proposant de : rapatrier des usines en France, protéger les producteurs nationaux contre la concurrence déloyale, taxer les plus hauts patrimoines pour réduire la dette. Le candidat à la primaire organisée par le Parti socialiste a aussi défendu une réforme des retraites « juste », basée sur la pénibilité. « Nous ne sommes pas égaux face au travail, nous ne sommes pas égaux face à la vie, donc nous ne pouvons pas être égaux face à la retraite », a-t-il plaidé, proposant que ceux qui ont eu des carrières pénibles puissent partir plus tôt.
Marine Tondelier a, elle, dénoncé la fracture sociale et les économies de bout de chandelle sur l’écologie. « Faire des économies sur l’écologie, c’est une mauvaise décision environnementale et économique », a-t-elle insisté, rappelant que l’inaction climatique coûte cinq fois plus cher que l’action.
« On n’arrivera pas à traiter le problème de la dette sans mettre plus de travail dans l’économie », a affirmé Bruno Retailleau, avant de rappeler que « dans une année, il nous manque trois semaines de travail par rapport aux Européens. Dans une vie, il nous manque trois ans. » Sur les retraites, le candidat des Républicains estime qu’il faut lier, par une équation proportionnelle, l’âge de la retraite et l’espérance de vie à la retraite. Et il n’a pas éludé la question de l’âge légal : « J’assumerai un âge légal. Quand on ne l’assume pas, on crée une machine à fabriquer des retraités pauvres. » Et d’ajouter : « Ceux qui diront qu’il n’y a pas d’âge légal de départ tricheront. Parce qu’ils oublieront de dire que ceux qui ne partiront pas à cet âge seront libres… mais avec des retraites très faibles. »
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