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Eiffage garde le cap grâce à la solidité de ses métiers de travaux / Des aléas externes affectent la performance des concessions
Eiffage reste bien ancré sur ses appuis. Le groupe de BTP et de concessions a vu son chiffre d’affaires grimper de 2,3 % au titre du premier semestre de l’année 2026, atteignant ainsi 12,2 milliards d’euros. À périmètre et taux de change constants, la hausse est de 1,1 %. Son résultat opérationnel courant, d’1 milliard d’euros, est en hausse de 2 % sur un an, pour une marge maintenue à 8,4 %. Le résultat net, part du groupe, a quant à lui progressé de 12,1 %, à 342 millions d’euros.
Eiffage a pu compter sur la diversité de ses activités pour soutenir la croissance de ses revenus, car ses deux piliers ont été soumis à des phénomènes différents. Dans les concessions, les revenus ont en effet légèrement reculé de 0,4 % sur un an, à 1,9 milliard d’euros (et ont progressé de 0,5 % à périmètre et change constants). En cause : un trafic de véhicules légers globalement en retrait, eu égard à la persistance des prix élevés du carburant en raison du conflit au Moyen-Orient. Le trafic des poids lourds n’a toutefois pas suivi la même tendance et est de son côté resté soutenu. Le résultat opérationnel courant des concessions s’est replié de 16 millions d’euros, essentiellement du fait des concessions autoroutières en France, en raison de la baisse du trafic des véhicules légers, mais aussi d’une charge d’amortissement tendanciellement croissante, comme anticipé. La marge opérationnelle des concessions se fixe ainsi à 43,2 %, contre 43,8 % un an auparavant.
Du côté des travaux, « la performance est solide, sur l’ensemble des éléments », a souligné le président-directeur général d’Eiffage, Benoît de Ruffray, lors de la présentation des résultats à la presse : tant sur la croissance de l’activité que sur la profitabilité ou la prise de commandes. Les travaux pèsent à hauteur de 10,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires semestriel, et ce dernier a progressé de 2,8 % à structure réelle (et de 1,2 % à périmètre et change constants) sur un an. L’accélération a été soutenue au deuxième trimestre, avec une hausse de l’activité de 4,8 % (ou 3,4 % à périmètre et change constants). Dans l’ensemble, sur les six premiers mois de l’année, l’activité a été orientée à la hausse en Europe, qu’il s’agisse de la France ou des pays voisins : + 4,5 % dans l’ensemble (et + 2,8 % à périmètre et change constants). À fin juin, la part des travaux réalisés en Europe, hors de France, était de 41 %, et la croissance totale de l’activité correspondante a été de 8 %. En dehors du continent, la baisse des revenus est à mettre en lien avec la fin de plusieurs opérations réalisées « en mode export », explique Eiffage, ce qui avait été anticipé.
La visibilité est par ailleurs assurée. Dans la construction, le carnet de commandes s’élevait à fin juin à 5,9 milliards d’euros (+ 6 % sur un an), à 16,1 milliards d’euros ( + 6 % également) dans la branche infrastructures et à 9,5 milliards d’euros ( + 9 %) chez Eiffage Énergie Systèmes. Au total, le carnet de commandes des travaux s’élève ainsi à 31,5 milliards d’euros à fin juin, en hausse de 7 % sur un an et de 6 % depuis le début de l’année. Il a atteint un niveau historiquement élevé. Et la profitabilité s’affiche, elle aussi, à la hausse : le résultat opérationnel courant des travaux est en hausse de 11,6 % sur un an, à 269 millions d’euros, pour une marge correspondante de 2,6 %, en hausse de 20 points de base sur un an.
Discipline financière
Eiffage a aussi profité des six premiers mois de l’année 2026 pour poursuivre le renforcement de son maillage européen. Eiffage Énergie Systèmes a notamment procédé à trois acquisitions en Allemagne, un marché capital pour le groupe, tandis qu’Eiffage Construction s’est offert, après la clôture du semestre, les entités de travaux du groupe Baatz au Luxembourg. « Cela va nous permettre de tripler notre position, au Luxembourg, dans le BTP », a précisé Benoît de Ruffray. Le groupe a également musclé son portefeuille de concessions sur les six premiers mois de l’année, notamment en se renforçant une nouvelle fois au capital de l’exploitant de l’Eurotunnel, Getlink, dont il détient désormais 29,40 % des parts. Enfin, à fin juin, le groupe avait réduit son endettement net de plus de 500 millions d’euros sur un an, tout en ayant déployé un milliard d’euros d’investissements de croissance sur douze mois, a souligné le président-directeur général d’Eiffage.
Au vu de la publication semestrielle du groupe, « tout cela nous permet de confirmer nos perspectives globales pour 2026 », a résumé Benoît de Ruffray, soit celles d’une croissance de l’activité d’une ampleur plus réduite qu’en 2025, et d’une nouvelle amélioration du résultat opérationnel courant et du résultat net, part du groupe.
Au sein de ces perspectives, quelques détails ont été apportés en tenant compte de la dynamique du premier semestre. Dans les travaux, le groupe prévoit ainsi un chiffre d’affaires en légère hausse dans les branches d’infrastructures et de construction, contre un niveau initialement attendu du même ordre qu’en 2025. Chez Eiffage Énergie Systèmes, l’anticipation de revenus en hausse, mais dans une moindre mesure que l’an passé, reste de mise – la croissance externe ayant significativement contribué à l’activité en 2025. La marge opérationnelle des travaux est toujours attendue en progression, grâce à une nouvelle hausse de la rentabilité d’Eiffage Énergie Systèmes et à la consolidation du niveau de marge de ses autres métiers, avec l’intention de maintenir de la sélectivité dans la prise d’affaires. Dans les concessions, il est désormais prévu que le chiffre d’affaires et le résultat opérationnel soient en léger repli par rapport à l’an passé, au regard de la persistance de la baisse du trafic autoroutier dans ce contexte de tension sur les prix du carburant. Une légère hausse des deux indicateurs était auparavant prévue. A la suite de la publication, révélée après-Bourse mercredi, le titre Eiffage a reculé au fil de la séance du jour, la finissant en baisse de 7 %.
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