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Macro-économie / Taux

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Les jeunes face à un marché du travail mondial de plus en plus compliqué / Le chômage repart à la hausse et l’IA menacerait de fragiliser leur accès à l’emploi

Face au ralentissement économique, aux tensions géopolitiques et à l’essor de l’intelligence artificielle, l’Organisation internationale du Travail (OIT) alerte sur une transition école-emploi de plus en plus difficile.
Photo par HESHAM ELSHERIF / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP
Photo par HESHAM ELSHERIF / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP

L’embellie aura été de courte durée. Après avoir atteint en 2023 son niveau le plus bas depuis plus de vingt ans, le chômage mondial des jeunes est reparti à la hausse. Selon l’édition 2026 du rapport Global Employment Trends for Youth de l’Organisation internationale du Travail, le taux de chômage des 15-24 ans a atteint 12,4 % en 2025, soit 67 millions de jeunes sans emploi dans le monde.

Dans le même temps, une autre statistique inquiète l’OIT : la part des jeunes qui ne sont ni en emploi ni en études ni en formation, les « NEET », est passée de 19,7 % en 2023 à 20 % en 2025. Au total, 257 millions de jeunes se trouvaient dans cette situation l’an dernier, soit 9 millions de plus qu’en 2023. Le phénomène ne se limite pas à quelques régions. Entre 2023 et 2025, le chômage des jeunes a augmenté dans huit des onze sous-régions étudiées par l’OIT, ainsi que dans les pays à revenu élevé, intermédiaire inférieur et faible.

Les hausses les plus importantes ont été enregistrées en Afrique du Nord, en Amérique du Nord et en Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest. En Europe, le taux de chômage des jeunes atteignait encore 15 % en 2025. En Amérique du Nord, il est passé de 8,3 % en 2023 à 9,8 % deux ans plus tard. Même lorsque le chômage recule, le tableau reste parfois préoccupant. En Asie centrale et occidentale, en Europe de l’Est et dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, la baisse du chômage s’est accompagnée d’une hausse du nombre de jeunes sortis de l’emploi, des études ou de la formation.

L’Amérique latine et les Caraïbes font figure d’exception, avec une diminution simultanée du chômage et du taux de NEET. Mais l’OIT nuance cette amélioration : elle tient en partie au recul de la population jeune et masque, dans plusieurs pays, une dégradation de la participation des jeunes au marché du travail. Les inégalités entre les sexes demeurent particulièrement marquées. En 2025, plus de deux jeunes NEET sur trois étaient des femmes. Leur taux de NEET atteignait 27,4 %, contre seulement 13,1 % pour les jeunes hommes.

L’écart s’est même légèrement creusé depuis 2023. Pourtant, les jeunes femmes et les jeunes hommes sont désormais pratiquement à égalité en matière de scolarisation. Le problème se situe donc davantage après l’école : responsabilités familiales non rémunérées, discriminations et accès insuffisant aux emplois de qualité continuent de freiner l’insertion professionnelle des jeunes femmes. La situation est particulièrement difficile dans les États arabes, en Afrique du Nord et en Asie du Sud. En Afrique subsaharienne, le chômage des jeunes était de 8,4 % en 2025, bien en dessous de la moyenne mondiale. Mais ce taux relativement faible ne traduit pas nécessairement une meilleure insertion.

À ces difficultés économiques s’ajoute une transformation technologique rapide. L’OIT observe notamment une érosion des emplois de qualification intermédiaire, dans des secteurs comme l’administration, les services, la vente, l’artisanat ou encore l’industrie. L’intelligence artificielle pourrait accentuer cette tendance. Le rapport estime que 6,1 % des emplois actuellement occupés par des jeunes de 15 à 29 ans appartiennent aux catégories les plus exposées à l’IA et à un risque de remplacement de certaines tâches, voire de l’emploi lui-même. Si seulement 10 % de ces emplois exposés venaient à disparaître complètement, 5,6 millions de jeunes travailleurs pourraient être confrontés au chômage, contraints de changer de métier ou poussés hors du marché du travail. Les pays à revenu élevé seraient particulièrement concernés.

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