WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

France : des ouvertures d’usines qui tirent la langue / Un solde net au plus bas depuis 13 ans

Avec seulement 51 annonces d’ouvertures d’usines pour 91 fermetures, la France affiche un solde net de -40 sites industriels au premier semestre 2026, selon Trendeo. Ce niveau, qui n’a jamais été aussi faible depuis 2013, ne s’explique pas par une flambée des fermetures, restées dans leur moyenne de long terme, mais par l’effondrement continu des annonces de créations.
Photo par FREDERICK FLORIN / AFP
Photo par FREDERICK FLORIN / AFP

Sale temps pour la réindustrialisation en France. Lors du premier semestre 2026, le cabinet Trendeo a dénombré 51 ouvertures d’usines pour 91 fermetures, soit un déficit net de 40 ouvertures jamais vu depuis le second semestre 2013. « Le déficit ne vient pas d'une vague de fermetures, qui restent exactement dans la moyenne historique : il vient d'un tarissement des annonces de créations.Le phénomène s’inscrit dans une dégradation de fond », explique le cabinet.

Après le pic enregistré au premier semestre 2021, avec 117 ouvertures et un solde positif de 72 sites, les annonces de créations reculent presque sans interruption. Elles ne sont plus que 51 cinq ans plus tard, tandis que les fermetures ont progressivement retrouvé leur niveau de longue période. Le solde industriel est ainsi négatif pour le quatrième semestre consécutif.

Le manque de créations industrielles est particulièrement diffus. Aucun secteur ne suffit à lui seul à expliquer l’ampleur du décrochage. L’agroalimentaire compte seulement six ouvertures au premier semestre, contre une moyenne de 11 sur la période 2021-2025. L’énergie ne recense qu’une création, contre cinq habituellement. Dans la mécanique et l’automobile, les ouvertures sont également réduites de moitié par rapport à la moyenne récente.

Quelques filières parviennent néanmoins à résister. C’est le cas de l’aéronautique et de la défense, avec notamment le projet de MBDA à Orléans. Le luxe conserve également une dynamique de création, illustrée par la Manufacture du Cœur des Vosges et par Hermès aux Andelys. Le nucléaire et le traitement des déchets constituent une autre poche de résistance avec le projet Orano Aval du Futur à Beaumont-Hague.

Mais ces quelques annonces ne suffisent pas à compenser le tarissement général des projets industriels. Si le nombre total de fermetures reste dans la moyenne, leur répartition sectorielle s’est, elle, profondément modifiée. La filière mécanique-automobile au sens large, construite par Trendeo pour son analyse et regroupant l’automobile, le caoutchouc-plastique, les moteurs, les équipements électriques, les produits métalliques et la métallurgie, concentre à elle seule 52 fermetures, contre 33 en moyenne.

Les six secteurs qui composent cette filière occupent ainsi les six premières places des soldes industriels négatifs. La transition du moteur thermique vers l’électrique pèse directement sur cette chaîne de valeur, des transmissions de Dumarey Powerglide aux activités de décolletage, en passant par la fonderie. À l'inverse, certains secteurs enregistrent moins de fermetures qu’à l’accoutumée. C’est notamment le cas de l’imprimerie, du verre-béton, du bois et de la pharmacie. Leur moindre exposition aux suppressions de sites permet de contenir le nombre total de fermetures, sans toutefois suffire à rétablir le solde industriel.

Les 142 opérations recensées au premier semestre sont toutes localisées en France métropolitaine. La géographie des fermetures fait notamment ressortir l’Auvergne-Rhône-Alpes, qui en concentre 19, ainsi que l’Île-de-France et les Hauts-de-France.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article