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Les retards de paiement ont rencontré quelques signaux d’amélioration au premier semestre / Le deuxième pourrait être influencé par plusieurs facteurs
Le compte à rebours est lancé. La semaine prochaine, le 1er septembre, la réforme de la facturation électronique entrera en vigueur. Toutes les entreprises françaises auront ainsi l’obligation de recevoir leurs factures sous format digital, tandis que les grandes entreprises et ETI auront aussi l’obligation de les émettre ainsi - ce pan de la réforme s’appliquera aux TPE et PME à partir de 2027. Avec ce virage numérique, plusieurs effets sont espérés, notamment une amélioration des comportements de paiement entre les entreprises : de tels processus devraient accélérer les échanges de factures et permettre un suivi plus fin de ces dernières. Le déploiement progressif de la facturation électronique est en tout cas l’un des facteurs susceptibles d’influencer les comportements de paiement dans les prochains mois, estime le fournisseur de données Ellisphere dans sa dernière enquête sur les retards de paiement, tout comme le renforcement (encore attendu) des sanctions contre les mauvais payeurs, au travers de la proposition de loi du sénateur Olivier Rietmann. Adoptée en février à l’unanimité à la Chambre haute, elle doit encore poursuivre son chemin à l’Assemblée nationale.
En attendant, quelques éclaircies semblent déjà s’être dessinées en la matière. Au deuxième trimestre de 2026, les comportements de paiement des entreprises françaises se sont améliorés, indique le rapport d’Ellisphere, avec un retard moyen qui s’est établi à 15,25 jours à fin juin 2026, contre 19,07 jours un an auparavant, et 15,3 jours à la fin du premier trimestre de 2026. « Cette évolution traduit moins un retour de la croissance qu’une volonté de préserver la confiance entre partenaires économiques. Les délais de paiement sont aujourd’hui un véritable baromètre de la santé financière des entreprises », estime Mikaël Delaporte, responsable du pôle expériences de paiement chez Ellisphere. L’amélioration est principalement portée par les grandes entreprises et les PME, dont la part de factures payées à échéance progresse respectivement de 4 et 3 points par rapport au trimestre précédent.
Les plus petites sont (toujours) les meilleures élèves
Trimestre après trimestre, les TPE confirment aussi de leur côté leur exemplarité. Au deuxième trimestre de 2026, 67 % de leurs factures étaient réglées à échéance, un niveau stable depuis plusieurs années. « Les TPE sont souvent les meilleures payeuses parce qu’elles savent que leur crédibilité repose sur le respect de leurs engagements. Mais elles sont aussi les plus exposées. Une grande entreprise peut absorber un passage difficile ou négocier avec ses partenaires ; une TPE dispose rarement de cette marge de manœuvre. Lorsqu’elle commence à retarder ses paiements, c’est souvent qu’elle n’a déjà plus beaucoup d’options », rappelle néanmoins Mikaël Delaporte. Bien qu’en progression, donc, cette proportion de factures réglées à échéance retombe à 41,75 % chez les PME, 34,2 % chez les grandes entreprises et à 25 % chez les ETI. Ces dernières sont aussi, en proportion (68,7 %) les plus nombreuses à régler leurs factures avec un à trente jours de retard. Chez les grandes entreprises, cette part est de 60,6 %, de 49,15 % chez les PME et de 27,5 % chez les TPE.
Pour la suite de l’année, outre le déploiement de la facturation électronique ainsi que des avancées attendues quant aux sanctions contre les mauvais payeurs, Ellisphere pointe aussi deux autres facteurs qui risqueraient de jouer sur les dynamiques de paiement interentreprises : la poursuite des tensions géopolitiques, qui percutent les trésoreries de certaines entreprises - notamment dans les transports -, ainsi que des besoins de financement toujours importants pour de nombreuses sociétés françaises. D’autant que l’amélioration observée depuis le début de l’année a finalement été interrompue par le mois de juillet, Ellisphere ayant publié une mise à jour de ses indicateurs. Ainsi, le retard moyen de paiement est reparti à la hausse pour atteindre 16,54 jours à la fin du mois passé, soit une dégradation de 8,5 % en un mois. Le niveau demeure toutefois inférieur aux 17,87 jours enregistrés en juillet 2025. « Ce retournement touche toutes les catégories d’entreprises. Dans le même temps, la proportion de factures payées à échéance progresse. Un paradoxe apparent : davantage d’entreprises paient à l’heure, mais celles qui paient en retard mettent davantage de temps à régler leurs factures », indique Ellisphere.
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