WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

La croissance européenne se renforce / L’industrie porte le Vieux continent

La croissance du secteur privé de la zone euro a légèrement accéléré en août, selon les indices PMI Flash de S&P Global. Si celle des services stagne à un niveau modeste, le rebond de l’industrie manufacturière, notamment en Allemagne, permet à la croissance de l’activité globale d’atteindre son plus haut niveau depuis neuf mois.
Usine en Allemagne - Photo par PATRICK PLEUL / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Usine en Allemagne - Photo par PATRICK PLEUL / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

Un été plutôt rassurant pour l’économie de la zone euro. L’activité du secteur privé a poursuivi sa progression en août, malgré les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la remontée des prix de l’énergie et les perturbations liées aux fortes chaleurs estivales. L’indice PMI Flash composite de S&P Global, basé sur les témoignages des directeurs d’achats, est passé de 52 points en juillet à 52,1 en août, son plus haut niveau depuis neuf mois. Supérieur à 50 points, seuil qui sépare expansion et contraction, il signale une nouvelle hausse de l’activité.

Le principal motif de satisfaction vient de l’industrie. L’indice PMI Flash de la production manufacturière est passé de 51,9 à 52,8, atteignant son plus haut niveau depuis quatre ans et demi. L’indice PMI de l’industrie manufacturière, qui agrège plusieurs composantes de l’enquête, a lui aussi nettement progressé, à 52,8 contre 51,9 en juillet, soit son niveau le plus élevé depuis 51 mois.

L’Allemagne joue un rôle central dans ce redressement. La production manufacturière allemande a enregistré en août sa plus forte progression depuis janvier 2022. Les entreprises allemandes évoquent notamment le développement des dépenses de défense, la demande de biens liés à l’intelligence artificielle et la construction de centres de données. Selon Chris Williamson, Chief Business Economist chez S&P Global Market Intelligence, la dynamique industrielle pourrait notamment bénéficier de la constitution de stocks de sécurité face aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et d’une reprise de la demande pour les biens technologiques et les biens d’équipement.

Les nouvelles commandes à l’export repartent à la hausse pour la première fois depuis quatre ans et demi. Cette amélioration est principalement liée là aussi à l’industrie manufacturière, tandis que la demande étrangère adressée aux entreprises de services se stabilise.

La reprise de l’activité et des commandes commence également à se traduire sur le marché du travail. L’emploi dans le secteur privé de la zone euro augmente en août pour la première fois depuis décembre 2025. Les créations de postes accélèrent dans les services. Dans l’industrie manufacturière, les effectifs progressent certes très légèrement, mais ce mouvement est un tournant après 38 mois consécutifs de suppressions d’emplois. Les divergences nationales sont toutefois sensibles, les effectifs se stabilisant en Allemagne mais continuant de diminuer en France.

A noter par ailleurs que les pressions inflationnistes montrent de nouveaux signes d’accalmie. La hausse des coûts des intrants ralentit en août et atteint son rythme le plus faible depuis février. Dans l’industrie manufacturière, les coûts progressent à leur rythme le plus faible depuis six mois. Les prix de vente ralentissent eux aussi pour le troisième mois consécutif. Leur hausse atteint son plus faible niveau depuis mars, avec une modération à la fois dans l’industrie et les services.

« L’économie de la zone euro a été assez résiliente jusqu’à présent », estime Bert Colijn, chef économiste chez ING, qui juge le momentum « étonnamment correct » malgré les risques qui se dessinent. « À première vue, les enquêtes confortent globalement notre estimation d’une croissance du PIB de 0,3 % en glissement trimestriel au T3 et suggèrent même que les risques pourraient être orientés à la hausse. Cependant, nous nous demandons dans quelle mesure les enquêtes prennent en compte l’impact modéré mais négatif des récentes vagues de chaleur », estime Léo Barinchou, économiste senior chez Oxford Economics.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article