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La direction financière de Coty change de mains / Sa publication annuelle ne rassure pas encore

Après avoir récemment annoncé plusieurs changements de gouvernance, le groupe de parfumerie et de cosmétiques va confier sa direction financière à Soraya Benchikh, ancienne de British American Tobacco. Une annonce faite en marge de sa publication annuelle. Les résultats du groupe ont de leur côté été accueillis froidement sur les marchés : si quelques signaux de reprise se dessinent, le tableau d’ensemble est plus mitigé. Coty ne s’avance pas sur ses prévisions pour l’exercice à venir et se prépare à la fin anticipée de sa licence Gucci Beauty.
crédits : coty
crédits : coty

Il y a de nouveau du mouvement au sein de la gouvernance de Coty : la direction financière du groupe de parfumerie et de cosmétiques change de visage. En marge de la publication de ses résultats du quatrième trimestre et de son exercice fiscal de 2026, il a en effet annoncé la nomination de Soraya Benchikh à ce poste, qui succédera ainsi à Laurent Mercier. Une nomination qui s’inscrit dans le prolongement de la nouvelle structure opérationnelle récemment mise en place par le groupe coté à New York et Paris, ayant donné lieu à plusieurs changements organisationnels.

Dans ses nouvelles fonctions, qu’elle prendra à compter du 1er septembre, Soraya Benchikh intégrera le comité exécutif et sera rattachée à Markus Strobel, président exécutif et directeur général par intérim de Coty depuis le 1er janvier 2026. La nouvelle pilote des finances du groupe occupait dernièrement le poste de directrice financière de British American Tobacco, où elle fut aussi présidente de sa filiale française, entre autres postes de direction à l’international.

Elle avait, auparavant, opéré chez Diageo, où elle a notamment été la présidente pour l’Europe de la firme de spiritueux. Elle avait commencé sa carrière dans la finance, chez General Electric et Gillette. « J’arrive à un moment charnière de la transformation de Coty, avec une stratégie claire et une réelle opportunité de l’accélérer aux côtés de Markus [Strobel] et de l’équipe. Je me concentrerai sur le renforcement du bilan, l’optimisation de l’allocation du capital et la contribution à la prochaine phase de création de valeur durable », a-t-elle assuré à l’occasion de l’annonce.

 

Mauvais temps en Bourse

 

Pour l’heure, les opérateurs de marché ne semblent pas avoir été rassurés par les résultats du groupe à fin juin : près de deux heures après l’ouverture de la Bourse de New York, son titre perd environ 10 % et recule de 9 % à Paris. « En résumé, nos résultats du quatrième trimestre laissent entrevoir les premiers signes d’une stabilisation, même si la reprise ne se fera pas de manière linéaire », a indiqué Markus Strobel par voie de communiqué. En effet, sur les mois d’avril à juin, le groupe a généré 1,3 milliard de dollars de revenus, ce qui correspond à une légère hausse de 1 % sur un an à données publiées et d’un recul égal à données comparables (ceci incluant un effet négatif de 1 % lié au conflit au Moyen-Orient).

Le chiffre d’affaires tiré de sa division « prestige » (61 % des ventes du groupe, dont les licences Burberry, Hugo Boss, Calvin Klein, Marc Jacobs…) dont Markus Strobel a directement repris les rênes des opérations commerciales, a limité son recul à 0,5 % à données comparables, en dépit d’un impact lié à la guerre de 1,5 %. Du côté de la beauté « grand public » (39 % des ventes, dont Rimmel, Covergirl…), les ventes ont reculé de 3 %, pour un impact lié au contexte géopolitique de 1 %. Pour mémoire, Coty a engagé une revue stratégique de ce pan d’activité, dont les arbitrages finaux devraient être connus à la fin de l’année civile de 2026, est-il indiqué dans sa publication.

 

Sur l’ensemble de l’exercice, et pour après

 

Sur l’ensemble de l’exercice, le tableau est plus mitigé. Les ventes du groupe ont reculé de 2 % en données publiées et de 5 % à données comparables, à 5,8 milliards de dollars. À données comparables, la baisse est de 4 % du côté du prestige et de 7 % pour la beauté grand public. Sa marge brute a perdu 190 points de base sur l’année, pour s’établir à 62,9 %, tandis que sa perte opérationnelle annuelle a atterri à 81,5 millions de dollars, contre un bénéfice opérationnel de 241,1 millions de dollars lors de l’exercice précédent. Le cash-flow des activités s’élève à 537 millions de dollars et sa dette totale était de 3 milliards de dollars à fin juin.

En plein plan de réorganisation et faisant face à des difficultés, le groupe a engagé plusieurs mouvements au fil des trimestres précédents. Il a notamment cédé sa participation restante dans Wella à KKR pour 750 millions de dollars. À la suite de la clôture de son exercice, au mois de juillet, il a aussi annoncé un accord pour rendre la licence de Gucci Beauty à Kering, dont L’Oréal reprendra le flambeau, un an environ avant l’expiration de son contrat. Il touchera grâce à cela 400 millions de dollars, tandis qu’une partie des stocks sera également reprise dans le cadre de cette transaction. « Ces résultats positifs s’inscrivent pleinement dans la ligne de nos objectifs, puisque nous affectons le produit de cette opération à la réduction de notre dette, au réinvestissement dans les marques phares de parfums et de produits de beauté de Coty, ainsi qu’à l’optimisation de notre structure organisationnelle », a assuré Markus Strobel, indiquant que le nécessaire était en train d’être mis en place pour limiter l’impact sur les ventes et sur la profitabilité du groupe, au terme de son exercice fiscal 2028, de la perte de cette marque dans son portefeuille. Parmi les éléments cités : accélérer sur ses autres marques emblématiques et maximiser la contribution des ajouts récents au portefeuille, comme le maquillage Marc Jacobs Beauty ou les fragrances Swarovski.

L’exercice 2027 restera un exercice de transition, a-t-il rappelé, se gardant ainsi de donner des prévisions annuelles. Pour le trimestre en cours, le groupe prévoit en tout cas des ventes en recul, dans un intervalle « low to mid single digits », avec une progression graduelle au cours de l’année.

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