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Macro-économie / Taux

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Flambée des taux : le Trésor américain met de l’huile dans les rouages / Il dope ses rachats de titres

Alors que les taux d’intérêt états-uniens à long terme ont grimpé de plusieurs dizaines de points de base ces dernières semaines, le Trésor a indiqué qu’il allait au moins doubler la taille de chacune de ses opérations de rachats d’obligations. Objectif : accroître la liquidité sur la partie longue de la courbe des taux.
Scott Bessent, secrétaire au Trésor des Etats-Unis - Photo par LENIN NOLLY / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Scott Bessent, secrétaire au Trésor des Etats-Unis - Photo par LENIN NOLLY / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Le Trésor américain vient fluidifier les marchés obligataires. Face à la remontée des taux longs et aux tensions persistantes sur le marché obligataire, il va renforcer son dispositif de soutien à la liquidité sur les maturités les plus longues de la courbe des Treasuries. Depuis la fin juillet, les taux à 10 ans américains ont grimpé de 25 points de base tandis qu’à 30 ans les rendements exigés par les investisseurs ont augmenté de 35 points de base.

En cause ? Non pas une révision à la hausse des anticipations concernant le niveau futur des taux directeurs, mais plutôt un accroissement de la prime de terme, c’est-à-dire le supplément de rendement requis par les investisseurs pour détenir des obligations à long terme plutôt que de renouveler des prêts à court terme. C’est en tout cas ce que suggère le modèle conçu par les chercheurs Tobias Adrian, Richard Crump et Emanuel Moench, dont la Réserve fédérale de New York publie les estimations.

De quoi cette hausse de la prime de terme est-elle le nom ? La théorie nous dit qu’elle pourrait être liée à une incertitude entourant la trajectoire de l'inflation et des taux d’intérêt directeurs (le nouveau patron de la Fed se montre mystérieux sur sa fonction de réaction). La rémunération exigée au titre du manque de visibilité quant au chemin de ces derniers pourrait d'ailleurs être accrue en raison d'un déséquilibre marqué entre la demande de titres à duration longue (leur valeur est particulièrement sensible aux mouvements des taux d’intérêt) et ce qui est émis - en plus de l’État, les entreprises de la tech américaine sollicitent à plein ce segment.

C’est dans ce contexte qu’à compter du 9 septembre, le Trésor américain va au moins doubler la taille maximale de ses opérations de rachats de titres à coupon nominal dans les segments 10-20 ans et 20-30 ans. Le plafond actuel, fixé à 2 milliards de dollars par opération, passera à au moins 4 milliards de dollars. La mesure restera en vigueur jusqu’à la fin du trimestre de refinancement en cours, soit le 4 novembre, date à laquelle le Trésor donnera des indications sur les volumes de rachats qui seront retenus pour la période suivante.

« Cette hausse de la taille des opérations de rachats reflète la volonté du Trésor de renforcer le soutien à la liquidité sur les segments nominaux à plus longue échéance, qui bénéficient d’un intérêt soutenu et constant de la part des acteurs de marché, comme en témoigne le volume important d’offres de qualité que le Trésor reçoit régulièrement lors de ses opérations de rachats à plus longue échéance », a commenté l’institution de Washington.

Les marchés obligataires ont bien accueilli la nouvelle même si cela ne change pas fondamentalement la donne : les taux à 10 ans américains ont reculé de 4 points de base et ceux à 30 ans de 7 points de base. De ce côté-ci de l’Atlantique, les taux français à 10 ans ont perdu 3 points de base avant de remonter de 2 points de base. À 30 ans, la diminution a atteint 5 points de base avant une augmentation de 2 points de base.

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