Macro-économie / Taux
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Le cash résiste dans la zone euro / Montée en puissance du paiement mobile
Le cash tient bon. Après plusieurs années de recul pendant et après la pandémie de Covid-19, l’acceptation des espèces semble avoir atteint un plateau dans la zone euro. En 2026, 92 % des entreprises disposant de points de vente physiques déclarent accepter les paiements en liquide, rapporte une enquête de la Banque centrale européenne (BCE). Elles étaient 90 % en 2024.
Les cartes physiques restent presque aussi largement acceptées : 88 % des entreprises les prennent en charge, contre 87 % en 2024. Mais c’est surtout le paiement mobile qui progresse à grande vitesse. La proportion d’entreprises l’acceptant est passée de 36 % à 68 % en seulement deux ans. L’usage du liquide demeure particulièrement répandu dans les secteurs directement tournés vers les consommateurs. Le commerce de détail, les restaurants et les hôtels affichent tous un taux d’acceptation de 93 %. Dans les arts, le divertissement et les loisirs, le chiffre est un peu inférieur, à 84 %, mais reste élevé.
Les écarts entre pays sont toutefois importants. La Grèce et l’Italie arrivent en tête, avec 99 % des entreprises qui acceptent les espèces. À l’inverse, la Belgique affiche un taux de 81 % et Chypre de 76 %. Et cette résistance pourrait durer. Parmi les entreprises qui acceptent aujourd’hui le cash, 92 % prévoient de continuer à le faire au cours des cinq prochaines années.
Pour les entreprises qui refusent les espèces, la principale raison est liée à la demande : 36 % estiment que leurs clients utilisent trop peu le cash. Cette proportion était de 39 % en 2024. Autre frein important, la gestion physique de l'argent : 35 % évoquent les difficultés ou les contraintes liées au dépôt ou au retrait d'espèces, contre seulement 22 % deux ans auparavant.
Dans les points de vente, les préférences sont d'ailleurs loin d'être uniformes. Un tiers des entreprises n'ont aucune préférence entre les différents moyens de paiement. Parmi celles qui en ont une, 24 % privilégient la carte de débit, 21 % les espèces et 14 % la carte de crédit.
L'enquête montre que le numérique n'est pas perçu comme supérieur au cash sur les critères étudiés. Les entreprises considèrent notamment les espèces comme nettement meilleures en matière de confidentialité et de fiabilité. Elles leur attribuent également un avantage sur les coûts globaux, la rapidité des transactions, la facilité de manipulation et la sécurité.
Lorsqu'elles choisissent les moyens de paiement qu'elles souhaitent accepter, les entreprises citent d'abord les préférences des consommateurs (26 %), devant la sécurité (22 %) et la facilité de gestion (15 %). Les espèces présentent néanmoins leurs propres inconvénients : le risque d'erreur dans le rendu de monnaie est la préoccupation la plus souvent citée, à 32 %, devant les questions de sécurité, à 29 %.
Un quart des entreprises de la zone euro ont malgré tout pris des mesures pour favoriser les paiements numériques. Cela peut passer par l'installation de caisses acceptant les paiements sans espèces, la réduction du nombre de caisses acceptant le cash ou encore des campagnes de promotion des paiements dématérialisés.
Les équipements évoluent eux aussi. Treize pour cent des entreprises ont installé des caisses en libre-service. Dans plus de la moitié de ces entreprises (52 %), au moins certaines de ces caisses acceptent encore les espèces. Par ailleurs, 38 % disposent de caisses installées au point de paiement et 37 % de coffres intelligents destinés à la gestion du liquide.
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