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Les marchés de capitaux portent la banque d’investissement française / La dette au premier plan

Record de commissions, record d’émissions obligataires et reprise de l’ECM : les marchés de capitaux ont animé le premier semestre des banques d’investissement en France. Un dynamisme dont les établissements américains captent une part croissante.
BNP Paribas domine toujours le marché français de la banque d’investissement en termes de commissions. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
BNP Paribas domine toujours le marché français de la banque d’investissement en termes de commissions. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Le M & A a beau concentrer l’attention, ce n’est pas lui qui a porté l’activité de banque d’investissement en France à un niveau record au premier semestre. Toutes activités confondues, les commissions ont atteint 2,46 milliards de dollars, en hausse de seulement 2 % sur un an, mais au plus haut pour un premier semestre depuis le début des statistiques de LSEG, en 2000.

Le moteur se trouve ailleurs : sur le marché de la dette. Les commissions de DCM (Debt Capital Markets), liées aux placements obligataires, ont progressé de 5 %, à 1 milliard de dollars, elles aussi à un plus haut historique pour un premier semestre. Dans le même temps, les honoraires liés aux prêts syndiqués ont reculé de 14 %, à 521,2 millions de dollars, et ceux tirés du conseil en fusions acquisitions n’ont gagné que 1 %, à 726,9 millions. Une progression limitée au regard de l’envolée de 70 % de la valeur des opérations annoncées impliquant un acteur français, à 118,4 milliards de dollars. Un bond largement porté par quelques mégadeals, alors même que le nombre d’opérations a reculé de 23 %.


Un record d’émissions obligataires


La première clé de lecture se trouve dans les volumes d’émissions obligataires. Les émissions françaises ont atteint 270,6 milliards de dollars sur six mois, en hausse de 18 %. « Le montant le plus élevé sur un premier semestre depuis le début de nos statistiques en 1970 », souligne LSEG. Un record atteint avec 268 émissions, soit 7 % de moins qu’un an plus tôt, signe d’opérations plus importantes en moyenne. La France s’est ainsi classée deuxième pays émetteur en Europe, derrière l’Allemagne, et quatrième au niveau mondial.

L’autre élément structurant tient à la nature des émetteurs. Les acteurs financiers ont représenté 39 % des montants levés et les États et agences 34 %. A eux deux, ces segments concentrent près des trois quarts de l’activité. Parmi les principales opérations figurent trois émissions de la France de 11,69 milliards, 11,49 milliards et 9,43 milliards de dollars, mais aussi celles de la Cades et de l’Unédic. Le marché est donc largement porté par le secteur financier et la sphère publique. Du côté des entreprises, Orange a réalisé une émission de 5,97 milliards de dollars, tandis que Crédit Agricole et TotalEnergies figurent également parmi les plus importantes opérations recensées par LSEG.


L’ECM sans retour des IPO


Du côté de l’ECM (Equity Capital Markets), les marchés actions participent eux aussi au record, mais sans véritable retour des introductions en Bourse. Les émissions d’actions et assimilées ont atteint 9,4 milliards de dollars, en hausse de 71 % et au plus haut depuis 2021. LSEG ne recense pourtant que deux IPO au premier semestre, Rising Stone pour 47,1 millions de dollars et Ieva Group pour 8,4 millions. L’essentiel du rebond vient des opérations réalisées par des sociétés déjà cotées, dont le montant a plus que doublé à 6,5 milliards de dollars, notamment grâce à Engie, Abivax et Vallourec, ainsi que des obligations convertibles, dont les émissions ont atteint 2,9 milliards de dollars. Le marché s’est donc nettement réanimé, sans que la cote ne recommence véritablement à s’élargir.


Les banques françaises gardent le podium


Reste à savoir quels établissements captent ce regain d’activité. Sur le marché obligataire, le podium demeure entièrement français, mais la croissance profite davantage aux banques américaines. Crédit Agricole CIB conserve la première place du classement des bookrunners, avec 31,7 milliards de dollars d’émissions obligataires créditées dans le classement, devant BNP Paribas, à 28,9 milliards, et Société Générale, à 23 milliards. Mais leurs volumes évoluent respectivement de moins 3 %, moins 5 % et plus 2 %, alors que le marché progresse de 18 %. A l’inverse, JPMorgan augmente de 53 % ses volumes associés et passe de la cinquième à la quatrième place. Morgan Stanley progresse de 76 %, Bank of America de 47 % et Citi de 43 %.


JPMorgan se rapproche


Une progression plus rapide des banques de Wall Street qui se retrouve aussi dans le classement général des commissions de banque d’investissement, tous métiers confondus. BNP Paribas reste nettement numéro un en France avec 274,6 millions de dollars de revenus estimés et 11,1 % du portefeuille, mais ses commissions reculent de 20 % sur un an et sa part baisse de 3,1 points. Crédit Agricole CIB conserve la deuxième place avec 201,2 millions de dollars, en recul de 2 %. Société Générale monte au troisième rang avec 154,8 millions, en hausse de 9 %, juste devant JPMorgan, dont les commissions bondissent de 68 %, à 154,4 millions, et qui passe de la sixième à la quatrième place.

Quatre établissements français figurent toujours parmi les cinq premiers, avec Natixis au cinquième rang. Mais JPMorgan se rapproche désormais du podium, à seulement 400 000 dollars de Société Générale.

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