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Malgré des projets de croissance, les ETI françaises aux prises avec des difficultés / Leurs partenaires financiers restent au rendez-vous
Les ETI françaises sont sous pression. « Le réalisme est vertu en économie. Regardons les chiffres en face : l’horizon de nos ETI s’assombrit, marqué par des carnets de commandes qui s’effritent et des trésoreries sous tension pour près de la moitié d’entre elles. Pourtant, face à ces vents contraires, les dirigeants d’ETI ne baissent pas les bras, loin de là », résume Nathalie Bulckaert-Grégoire, directrice générale déléguée de Palatine, citée dans la dernière enquête menée par Palatine et le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI), réalisée auprès de 1 700 ETI tricolores à la toute fin du premier semestre.
Il ressort en effet de ce baromètre que plus de la moitié d’entre elles ont estimé à cette date que la situation de leur secteur d’activité s’était tendue, tandis que seulement 12 % d’entre elles perçoivent une éclaircie. À l’échelle de l’entreprise, les indicateurs sont aussi dans le rouge : 44 % des ETI ont souligné que leur carnet de commandes est moins garni à fin juin qu’un an auparavant (contre moins de 30 % qui l’estimaient en mars). De même, la moitié d’entre elles a pointé une rentabilité dégradée. Ainsi, près d’une sur deux s’est déclarée inquiète pour la seconde moitié de l’année.
Les conditions financières des ETI ne viennent pas éclaircir ce tableau. Celles qui sont relatives à la trésorerie se sont détériorées pour 46 % des ETI (contre 35 % en mars) et seules 14 % d’entre elles ont signalé une amélioration sur ce point. L’endettement net total s’est lui aussi dégradé pour près d’un tiers des ETI, contre 22 % en mars. Par rapport à cette période, elles sont aussi plus nombreuses à rencontrer des difficultés qui compromettent le respect de leurs covenants bancaires et deux fois plus nombreuses à envisager de refinancer leur dette actuelle. Cela étant, le soutien des partenaires financiers reste soutenu, puisque 9 ETI sur 10 obtiennent des réponses favorables à leurs demandes de financement.
Le résultat de plusieurs facteurs
« Cette situation est manifestement le résultat d’une accumulation de contraintes : structurelles d’abord, avec des prélèvements obligatoires en hausse sensible sur les 24 derniers mois, conjoncturelles ensuite, avec des crises à répétition qui renchérissent les coûts de production. Même si les ETI continuent d’afficher un vrai volontarisme - le nombre de projets de croissance en témoigne -, elles font face à une équation qui se complique de plus en plus », regrette Frédéric Coirier, président-directeur général du groupe Poujolat et président du METI. Quelques signaux positifs se dessinent en effet : les projets de croissance organique sont en nette progression depuis mars, avec 72 % des ETI qui en ont déjà engagé un ou prévoyaient de le faire à la fin du mois de juin (contre 56 % trois mois avant).
Mais de nouveau, un point d’attention. L’endettement pour les financer est inhabituellement élevé, puisqu’il est le fait d’un tiers des ETI, contre 21 % en mars. Ces projets sont associés à une enveloppe d’au moins 5 millions d’euros pour une ETI sur deux, mais l’emploi généré marque le pas. Seules 18 % des ETI prévoient de créer au moins 50 emplois dans ce cadre, soit dix points de moins qu’en mars.
Les projets de croissance externe, bien que toujours à un niveau solide (45 % des ETI en ont entamé un ou l’envisagent), reculent eux aussi de près de dix points par rapport à mars dernier. L’enveloppe allouée reste comparable à celle observée en mars, mais les emplois générés sont également bien moins nombreux : 27 % des ETI prévoient d’en créer au moins 50, contre 46 % en mars. Dans l’ensemble, le contexte actuel ne semble pas motiver les projets dans l’Hexagone : un tiers des ETI indiquent les avoir arrêtés, suspendus ou réorientés en tout ou partie. « L’apprentissage est en net retrait à la suite des arbitrages budgétaires (baisse du soutien en 2025 et 2026) : plus de 7 ETI sur 10 déclarent un nombre d’apprentis en baisse en 2026 par rapport à 2024. Et la hausse du coût du travail induite par la revalorisation du SMIC d’une part, le gel des allègements généraux d’autre part, va affecter la situation de l’emploi dans plus d’une ETI sur deux : en termes de rémunération surtout, mais aussi de maintien de l’emploi et de recrutements », ajoute le baromètre.
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