Macro-économie / Taux
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Le calme avant la tempête pour les catastrophes naturelles / La chaleur menace plus que jamais l’économie européenne
Une attention à ne pas relâcher. Une première partie d’année relativement moins coûteuse ne veut pas dire que les mois suivants seront épargnés, bien au contraire. Les équipes de Swiss Re considèrent même que c’est le contraire, puisqu’à défaut d’avoir causé des dégâts, la canicule record du mois de juin et la sécheresse persistante « ont créé les conditions propices à une saison active de feux de forêt en Europe et dans d’autres régions du monde. »
L’Europe est en première ligne, le continent connaît désormais 64 % de journées de chaleur en plus – où la température maximale quotidienne atteint 30 °C ou plus – lorsqu’on compare 2026 aux années 1950. Les incendies conséquents connus par la France et l’Espagne en sont un symptôme. D’autres voix telles que celle d’Anja Sabine Heimann, économiste chez HSBC, s’inquiètent également de la situation en expliquant que « la vague de chaleur menace les perspectives du troisième trimestre » sur le Vieux continent.
Vigilance
Les craintes de l’économiste reposent en partie sur des niveaux d’eau sur les principales artères de transport européennes, qui sont « désormais inférieurs à ceux enregistrés lors de la sécheresse de 2018, ce qui menace la production industrielle en raison de perturbations de la chaîne d’approvisionnement et/ou d’une réduction de la production d’électricité ». Les leçons des crises passées devraient servir. Néanmoins la possibilité de ne remplir les navires qu’à près de 20 % de leurs capacités habituelles est source de hausse immédiate sur les prix. Elle explique ainsi que les indices de référence du fret sur le Rhin pour le pétrole et les vracs liquides « ont augmenté de plus de 500 % en deux mois ».
Ces températures préoccupent également Balz Grollimund, responsable des risques de catastrophes chez Swiss Re, qui redoute qu’un ouragan, un tremblement de terre ou un incendie de forêt majeur puisse rapidement changer la donne. L’Europe aurait à craindre cette probabilité renforcée de grands incendies et ce étant donné que « davantage de logements, d’entreprises et d’infrastructures [y sont] construits dans des zones exposées aux risques, en augmentent également le coût. »
Continuité
Difficile pourtant de dire que ce danger n’est pas perceptible, puisque les données du Swiss Re Institute évoquent des sinistres assurés liés aux incendies de forêt en Europe qui « ont augmenté d’environ 8 à 11 % par an en termes réels depuis 1970 ». De quoi asseoir sa place de risque climatique dont la croissance est la plus rapide sur le globe. Une dynamique qui ne peut être isolée de celle de la hausse des coûts de reconstruction ces dernières années.
Le Vieux continent est quant à lui épargné par un mal habituel du second semestre, à savoir les sinistres assurés dus aux ouragans de l’Atlantique Nord. Bien qu’un des rares effets positifs du phénomène El Niño soit d’y freiner l’activité cyclonique. Les experts du géant suisse de la réassurance expliquent qu’il « n’élimine pas pour autant le risque de toucher terre : 22 % des ouragans ayant touché terre aux États-Unis depuis 1950 se sont produits dans des conditions El Niño ». Auquel il faut ajouter l’activité des cyclones tropicaux dans le Pacifique et le risque d’inondations.
Les données transmises ne concernent également que celles couvertes par l’assurance, ce qui correspond à près de 42 % des pertes économiques du premier semestre. Un chiffre qui s’avère supérieur à la moyenne sur 30 ans (33 %), ce qui est avancé comme un symptôme de la concentration des dommages sur des marchés fortement assurés et sur des risques largement couverts. Les différents séismes au Venezuela auraient quant à eux engendré des pertes de l’ordre de 20 milliards de dollars, dont seule une fraction serait couverte par des assurances.
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