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Macro-économie / Taux

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France : un printemps compliqué pour le marché du travail / Contraction inédite en six ans du taux d’emploi

Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage a augmenté pour atteindre 8,3% de la population active tandis que le taux d’emploi a reculé à 69% de la population en âge de travailler. La baisse de 0,3 point de ce dernier apparaît comme un record depuis le premier confinement.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail - Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail - Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Sale temps pour le marché du travail en France. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage s’est accru de 0,2 point pour s’établir à 8,3% de la population active, un niveau jamais vu depuis l’été 2020 lorsque l’économie française était sortie du premier confinement.

En un an, le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 261 000 personnes. La hausse est générale et concerne toutes les classes d'âge. Les jeunes de 15 à 24 ans restent les plus touchés avec un taux de chômage de 21,6 %, en hausse de 0,4 point sur le trimestre et de 2,5 points sur un an. Chez les 25-49 ans, le taux grimpe à 7,5 %, tandis qu'il atteint 5,5 % chez les 50 ans et plus, des niveaux inédits depuis plusieurs années.

Les femmes enregistrent la plus forte dégradation sur le trimestre. Leur taux de chômage progresse de 0,4 point pour atteindre 8,2 %, tandis que celui des hommes demeure stable à 8,5 %. Sur un an, l'augmentation est toutefois comparable pour les deux sexes, à +0,8 point. Le chômage de longue durée poursuit également sa progression. Près de 671 000 personnes recherchent un emploi depuis au moins un an, soit 36 000 de plus qu'au trimestre précédent. Le taux de chômage de longue durée atteint désormais 2,1 % de la population active, son niveau le plus élevé depuis 2022.

En face, le taux d’emploi des personnes en âge de travailler (15-64 ans) a diminué de 0,3 point, à 69%, une telle baisse est inédite depuis le deuxième trimestre 2020 en plein confinement (-1,6 point). Là aussi, toutes les grandes classes d'âge sont concernées, à l'exception des 60-64 ans, dont le taux d'emploi continue de progresser sous l'effet du recul de l'âge de départ à la retraite.

Enfin, le taux d’activité (le nombre des chômeurs et de personnes en emploi rapporté à la population en âge de travailler), s’est lui aussi replié, à 75,4% (-0,1 point). La progression de l'activité des seniors continue de compenser en partie le ralentissement observé chez les plus jeunes et les actifs d'âge intermédiaire.

Les perspectives restent peu favorables. L'Insee anticipe une poursuite de la hausse du chômage jusqu'à 8,4 % à la fin de l'année 2026, la population active continuant de progresser alors que les créations d'emplois resteraient quasiment nulles. La Banque de France se montre légèrement moins pessimiste, avec un chômage attendu autour de 8,2 % jusqu'à la fin de l'année avant une lente décrue à partir de 2027.

"Au total, avec des destructions nettes d’emplois entre fin 2025 et fin 2027, le chômage progresserait d’environ 148 000 personnes, portant le taux de chômage à 8,3 % fin 2027 (+0,4 point en 2026, puis stabilisation)", estime de son côté l'OFCE.

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